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Oslo, 2 000 km et -83 % de CO₂ : la décarbonation de Pam à l'épreuve de la distance

V. VELEZ, LE 7 JUILLET 2026
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Oslo, 2 000 km et -83 % de CO₂ : la décarbonation de Pam à l'épreuve de la distance
Crédit DR
Livrer 3 000 canalisations en fonte ductile de grand diamètre depuis des usines françaises jusqu’à la capitale norvégienne, sans renoncer à ses engagements carbone : c’est le défi que relève aujourd’hui Saint-Gobain PAM pour le plus grand projet d’adduction d’eau et d’assainissement jamais entrepris en Norvège. Une opération qui, loin d’affaiblir la stratégie de décarbonation portée par Jérôme Lionet, son directeur général, en constitue la démonstration la plus convaincante.

Le projet est ambitieux par nature : 3 000 tuyaux en fonte ductile de grand diamètre (DN1500 et DN2000) issus de la gamme BioZinalium Natural, représentant quelque 22 km de réseau, acheminés depuis les usines françaises de PAM jusqu’à Oslo. Un volume colossal, des pièces lourdes et encombrantes, et une distance de plus de 2 000 kilomètres. Autant de conditions qui pourraient, a priori, rendre toute ambition de décarbonation illusoire. C’est précisément l’inverse qui se produit.
Pour ce chantier, Saint-Gobain PAM a déployé son offre de transport Blueway by PAM, articulée autour d’une chaîne multimodale combinant train, transport maritime et camions fonctionnant au biodiesel ou à l’électricité. Résultat : une réduction des émissions de CO₂ comprise entre 83 et 100 % selon les sections du trajet. La distance n’a pas été un obstacle à la décarbonation ; elle en a été le terrain d’expression.

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Un modèle industriel qui décarbonne avant même le premier kilomètre
La logistique ne constitue qu’un volet de l’équation. Les canalisations livrées à Oslo sont issues d’un outil de production lui-même en profonde transformation. Depuis 2022, Saint-Gobain PAM électrifie progressivement ses usines, historiquement alimentées au coke, un dérivé du charbon fortement émetteur de CO₂. Un premier four électrique, mis en service à Pont-à-Mousson, produit déjà des canalisations affichant -70 % de CO₂ par rapport à la référence sectorielle. Un second four est en cours de démarrage à l’usine de Foug.
La décarbonation commence donc en usine, bien avant que les tuyaux ne prennent la route d’Anvers (port de départ vers la Norvège) puis le chemin du port de Drammen, où chaque canalisation fait l’objet d’un contrôle rigoureux avant d’être acheminée jusqu’au chantier. Pour garantir une traçabilité complète sur l’ensemble de cette chaîne, PAM a déployé son système PAM Track, qui assure un suivi individuel de chaque tuyau de l’usine au chantier.

Sélectionné sur appel d’offres : la compétitivité confirmée
L’argument décisif est peut-être là : PAM a été retenu à l’issue d’un appel d’offres lancé en 2021 par Vann- og avløpsetaten Oslo, le syndicat des eaux de la capitale norvégienne, dans un marché européen ouvert et concurrentiel. Des acteurs géographiquement plus proches d’Oslo auraient pu faire valoir un avantage logistique. Ce n’est pas ce qui s’est produit.
Pour Raphaël Roquet, directeur commercial Europe du Nord de Saint-Gobain PAM, le projet est l’un des plus importants d’Europe pour le groupe sur la période, son caractère unique tenant à la fois à son envergure et à son engagement en faveur du développement durable et des solutions à long terme. Une appréciation que partage Ole Jakob Bjerke, directeur technique de PAM Norge : ce chantier représente le plus important projet d’infrastructure hydraulique jamais réalisé par la filiale norvégienne, en partenariat avec le distributeur Brødrene Dahl.

Oslo comme cas d’école
Pour l’industriel, le chantier norvégien illustre une conviction de fond : la décarbonation n’est pas un surcoût à absorber, mais un levier de différenciation à activer, y compris, et peut-être surtout, sur les marchés les plus exigeants et les plus éloignés. Si le modèle tient à 2 000 kilomètres des usines françaises, avec des volumes et des contraintes techniques hors norme, Oslo s’affirme comme une démonstration.


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