Le monde de l’eau est en deuil. Le Président du SEDIF, Richard Dell’Agnola, le Bureau syndical et l’ensemble des agents ont rendu hommage à André Santini, disparu ce lundi 1er juin 2026. Sa disparition suscite une vive émotion dans le secteur, tant son empreinte sur les politiques publiques de l’eau aura été déterminante pendant plus de quatre décennies.
À la tête du Syndicat des Eaux d’Île-de-France, premier service public d’eau potable de France, depuis 1983, André Santini détenait un record de longévité à la présidence d’un grand établissement public. Il aura porté une vision moderne et ambitieuse de la gestion de l’eau, conciliant performance industrielle, maîtrise des coûts, innovation technologique et exigence environnementale.
Tout au long de son mandat, il s’est attaché à anticiper les grands défis sanitaires et écologiques, à l’échelle métropolitaine. Il a notamment défendu le projet stratégique d’interconnexion des réseaux franciliens, connu sous le nom de « Ring de l’eau », destiné à renforcer la résilience de l’alimentation en eau potable de la région capitale.
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Parmi les réalisations structurantes qu’il a impulsées figure la liaison Marne-Seine, mais surtout l’installation, en 1999, d’une unité de nanofiltration à l’usine de Méry-sur-Oise (Val-d’Oise). Cette première mondiale pour le traitement d’eau de rivière a fait du site une référence internationale et une vitrine technologique du SEDIF.
Grâce à cette technologie membranaire de pointe, la qualité de l’eau distribuée a été significativement améliorée, avec une réduction des micropolluants, des perturbateurs endocriniens et des résidus médicamenteux, tout en renforçant la sécurité sanitaire de près d’un million d’habitants alimentés par cette usine.
Fidèle à sa conviction que l’innovation doit servir l’intérêt général, André Santini a lancé dès 2015 le programme de généralisation de la filtration membranaire haute performance sur les deux autres usines principales du SEDIF. Ce projet combine nanofiltration et osmose inverse basse pression afin de répondre aux enjeux émergents de qualité de l’eau.
Défendre un modèle de service public performant et solidaire
Au-delà des avancées techniques, André Santini s’est constamment engagé en faveur d’un modèle de gouvernance mutualisé, garantissant la solidarité territoriale et l’égalité d’accès à une ressource essentielle.
Sous son impulsion, le SEDIF s’est affirmé comme un acteur de référence de la gestion de l’eau à l’échelle internationale, notamment à travers son implication dans le Club des Grands Services d’Eau du Monde. Son action a contribué à faire reconnaître l’expertise française dans le domaine des services publics d’eau.
Un engagement humaniste au-delà des frontières
André Santini aura également marqué durablement le champ de la solidarité internationale. Aux côtés de Christian Cambon, sénateur du Val-de-Marne, puis de Richard Dell’Agnola, il a été l’un des principaux artisans du développement de la coopération décentralisée du SEDIF.
Cette démarche s’est concrétisée dès 1986 avec le lancement du programme « Solidarité Eau », avant d’être consacrée par la loi Oudin-Santini de 2005 sur le « 1 % eau », adoptée à l’unanimité par le Parlement. Depuis lors, plus de 300 projets ont été financés dans le monde, représentant près de 50 millions d’euros d’aides et bénéficiant à environ cinq millions de personnes.
« Son action laisse un héritage concret, fait d’investissements durables, d’exigence technique et de vision politique », a salué avec émotion Richard Dell’Agnola, président du SEDIF.
Le Président, le Bureau et les agents du Syndicat ont adressé leurs pensées à la famille et aux proches d’André Santini. Un hommage officiel lui sera rendu lors du prochain Comité syndical, le 18 juin 2026.
Par son engagement constant en faveur de la qualité de l’eau, de l’innovation industrielle et de la solidarité, André Santini laisse l’image d’un bâtisseur dont l’influence continuera de marquer durablement le secteur de l’eau.