Confronté au déficit du ratio production/consommation d’électricité en Ile-de-France, RTE poursuit une politique régionale propre à assurer une alimentation électrique pérenne, en adéquation avec les objectifs de la transition énergétique.
En 2013, l’Ile-de-France (IDF) a enregistré un net déséquilibre avec une production d’électricité en baisse de 14 % et une consommation en hausse de 2 %, conséquence d’un hiver rigoureux et du développement économique des PME. Plus structurel que conjoncturel, cet écart entre l’offre et la demande "tend à s’amplifier [...] dans une région déjà pourvue à 92 % par ses voisines excédentaires", explique Jean-Louis Muscagorry, délégué Ile-de-France et Normandie pour RTE.
Avec les projets de logements et d’infrastructures de transports liés au projet du Grand Paris, couplé au développement des voitures électriques et des Data Center, "la consommation électrique qui s’établit aujourd’hui à 1 600 MW, devrait augmenter de 2 200 MW d’ici 2030, soit la consommation de deux centrales nucléaires", ajoute le responsable régional.
Conscient du défi qui s’annonce, RTE a donc engagé une ambitieuse politique d’investissements en Ile-de-France pour optimiser son réseau. 116 millions d’euros ont déjà été investis en 2013 et 124 millions supplémentaires seront injectés au fil de l’année 2014. "Il ne s’agit pas d’un effort ponctuel puisque nos investissements resteront supérieurs à 100 millions d’euros pour au moins les cinq prochaines années", assure M. Muscagorry.
Des projets symboliques
Dans les Hauts-de-Seine, RTE réalise actuellement une troisième liaison souterraine entre Nanterre et Puteaux. Dans le même temps, l’entreprise achève la modernisation du poste de Courbevoie. Entre Cergy et Persan, dans le Val d’Oise, la ligne électrique existante passera de 225 kV à 400 kV à horizon 2018. Enfin, dans le cadre du futur Grand Paris, ce sont deux nouvelles liaisons souterraines à 225 kV qui alimenteront le nouveau poste de Saclay dans les Yvelines, à horizon 2017.
Une coopération inter-régionale renforcée
Dans un contexte où les énergies renouvelables (EnR) prennent une part croissante dans le "mix énergétique", Réseau de Transport d’Electricité doit donc améliorer simultanément ses capacités en Ile-de-France et ses relations de proximité avec la Picardie et la Haute et Basse-Normandie qui fourniront demain d’avantage d’électricité via les projets éoliens et éoliens offshore qui verront le jour.
Par ailleurs, RTE compte sur sa capacité d’innovation pour continuer l’intégration des EnR. La société développe, par exemple, des solutions de prévisions (température, vent, nébulosité…) des consommations qui permettent la gestion des énergies intermittentes telles que l’éolien ou le photovoltaïque. Grâce à ces outils de modélisation, elle peut ainsi anticiper jusqu’à 72 h à l’avance les consommations à venir.
Au regard de son développement économique et du peu d’emprises dont elle dispose pour l’installation d’infrastructures lourdes de production d’EnR, on comprend bien que l’Ile-de-France n’a pas vocation à devenir autosuffisante. Néanmoins, elle se dirige vers une augmentation notable de ses capacités et une mutualisation importante de ses ressources extérieures.
Photo : Jean-Louis Muscagorry, délégué RTE Ile-de-France et Normandie
PARTAGER :
Toute l'information de cette rubrique est dans : Réseaux VRD
Le seul magazine 100 % Réseaux, à destination des collectivités et du secteur privé.