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ENVIRONNEMENT

Électrification des engins de chantier, le gouvernement réagit (enfin) !

F.P., LE 15 JUIN 2026
\ PUBLIÉ DANS BTP MAGAZINE N° 384
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Électrification des engins de chantier, le gouvernement réagit (enfin) !
Journée filières d'Intermat 2027 sur les avancées de l'électrification des engins (29 janvier 2026)
La route fut longue mais le résultat est encourageant : l’ADEME accorde 50 M€ aux entreprises pour des équipements 100 % électriques. En respectant plusieurs critères comme celui de la préférence européenne. Cette victoire est une vraie reconnaissance d’un travail en commun, notamment de Cinergic, rassemblant Evolis, C-Mat, FNTP, DLR et FFB pour ne citer que les principaux.

"L’ADEME lance le 30 juin 2026 un appel à projets sur les engins et solutions électriques dans le BTP, couvrant l’acquisition d’engins neufs, le rétrofit d’engins existants et les infrastructures de recharge fixe ou mobile", explique Richard Cleveland, directeur technique d’Evolis, membre de la Fédération des industries de la Mécanique. "Cette décision tombe à point nommé, lors de la journée organisée à l’Élysée sur le plan France Électrification, et prouve que nos travaux sur les engins électriques sont en phase avec les objectifs du gouvernement".

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Quels matériels sont concernés ?
Sont concernés les engins mobiles automoteurs utilisés principalement dans le secteur du BTP, sans ceux qui sont une combinaison d’une machine et d’un porteur de type camion ou tracteur, comme une répandeuse de bitume ou un malaxeur à béton autoporté. Deux exceptions également : chariots industriels à mât vertical et nacelles indoor.

Qui est concerné ?
Tous les acheteurs potentiels en France, y compris les collectivités publiques, pour un projet exécuté en France.

Quel est le montant de cette aide ?
Le montant total de l’enveloppe a été révisé à la hausse à hauteur de 50 M€ en démontrant quelles étaient les capacités actuelles de production d’équipements électriques en France (versus Europe) et la possibilité d’augmenter la cadence d’ici 2030.

Quels sont les critères de validation ?
Le document spécifie le principe de préférence européenne, en exigeant la présence d’un site de production ou d’assemblage final dans l’espace économique européen de l’engin candidat à l’aide publique, ainsi que la présence d’une équipe engineering établie dans l’UE travaillant sur les normes techniques de l’engin pour lequel une aide est demandée. C’est une justification logique pour tout constructeur européen digne de ce nom qui participe aux travaux de rédaction des normes européennes, notamment pour la sécurité des engins. Ensuite, est aussi concernée la souveraineté industrielle sur la batterie, un composant critique. Il faut que le pack batterie soit assemblé en Europe.

Quelles sont les modalités de financement ?
Une première enveloppe de 10 millions d’euros est prévue au lancement de l’appel à projets, le 30 juin, suivie d’une seconde début 2027. Cependant si les fonds sont utilisés, le déclenchement du deuxième volet pourra se faire avant 2027. Car pour les 40 M€ restants, on parle de janvier 2027. L’aide dépendra de la taille de l’entreprise demandeuse. Le taux d’aide pour l’achat d’un engin neuf en usage propre variera de 30 % à 65 %. Il dépendra de l’écart de coût entre les versions électrique et thermique, ainsi que du zonage en France pour répondre aux besoins spécifiques de certains territoires. Pour une entreprise de location, l’aide sera de 30 à 50 %. Pour le rétrofit, l’aide variera de 15 à 32,5 % du coût total et pour les infrastructures de recharge de 30 à 50 %.

Peut-on estimer une valeur économique de cette aide ?
L’objectif des pouvoirs publics est d’atteindre le financement de 1 000 engins, étant entendu qu’il existe de grosses différences entre le prix d’une minipelle et d’un engin de 12 tonnes.

Décision protectionniste ?
Les affaires des nacelles menées par Manitou et Haulotte et celle des pelles au Royaume-Uni attestent d’un dumping des fabricants produisant en Chine qui a conduit les autorités à prendre des sanctions par l’instauration de droits de douane. Un consortium sur les grues mobiles s’est mis en place et une enquête est actuellement menée par les services de la Commission européenne.

La défense des industriels qui fabriquent en France et plus largement en Europe n’est pas un sujet de protectionnisme, mais de rétablissement de règles équitables entre tous les acteurs. C’est d’ailleurs un sujet que la France a pris en main au sein des institutions européennes, et qui est également abordé dans les comités européens dont Evolis est membre : CECE pour les engins de construction et FEM pour les engins d’élévation et de manutention.



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