Regroupant deux anciens membres de gouvernements en charge de l’industrie, le syndicat des machines et technologies de production (Symop) a organisé, il y a peu, un débat sur le thème du renouvellement et de la modernisation de l’outil de production en France. Si chacun s’entend sur le diagnostic, les solutions proposées divergent suivant les sensibilités politiques.
En 2012/2013, le Symop a décidé de promouvoir auprès des pouvoirs publics un vaste effort en faveur de la modernisation et du renouvellement de l’outil de production des PME-PMI. Avant que les grandes lignes de ce plan ne soient présentées à la presse en septembre, le syndicat a invité deux anciens gouvernants pour faire part de leur analyse et de leur expérience sur le sujet. Pour le secrétaire d’Etat du gouvernement Jospin, entre 1997 et 2002, Christian Pierret, le soutien aux PME-PMI doit être réorganisé. "L’ensemble de notre système, économique, bancaire et fiscal, décourage la prise de risque. La politique économique doit se tourner vers une politique de l’offre. L’Etat doit se comporter comme un Etat stratège, encourageant l’offensive industrielle", résume le socialiste. Si l’ex-ministre de l’industrie, Christian Estrosi, constate également un manque de dynamisme de notre industrie, son analyse diverge quant à l’attitude à adopter. Le député-maire UMP de Nice prône, pour sa part, "une baisse du coût du travail".
"Il est indispensable de jouer sur tous les leviers"
Deux sensibilités politiques, deux approches du problème, que le président du Symop, Jean-Camille Uring, aimerait voir se rejoindre pour favoriser la compétitivité et la modernisation des outils productifs de l’Hexagone. "Il est indispensable de jouer sur l’ensemble des leviers", estime Jean-Camille Uring qui attend, tout à la fois, des évolutions sur "le coût du travail, les financements ou les éléments hors coûts". Une déclaration qui augure des grands axes que développera le document qui sera dévoilé par le syndicat dans trois mois.