La décarbonation ne signifie pas nécessairement la disparition des réseaux gaziers. Dans les deux scénarios étudiés par France gaz, ceux-ci continuent d’acheminer des gaz renouvelables et bas carbone, alors que les consommations diminuent.
Celles-ci pourraient atteindre 221 à 278 TWh en 2050, soit une baisse de 27 à 42 %. Le recul serait particulièrement marqué dans le bâtiment et l’industrie, sous l’effet de l’efficacité énergétique, de la rénovation et des équipements hybrides. France gaz table ainsi sur des infrastructures dont le dimensionnement resterait relativement stable, avec le développement des infrastructures hydrogène à partir de 2029.
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Cette transformation repose notamment sur la montée en puissance du biométhane. Produites localement à partir de matières agricoles, d’effluents ou de déchets organiques, les unités de méthanisation deviennent de nouveaux points d’injection dans les réseaux.
Le modèle rapproche ainsi production énergétique et infrastructures : les projets doivent intégrer la disponibilité de la biomasse, les capacités du réseau et les conditions de raccordement. France gaz estime que le potentiel français permettra d’accompagner la progression des gaz renouvelables. De nouvelles filières pourraient également valoriser des déchets non méthanisables, tandis que le bioGPL conserverait des usages dans les territoires ruraux.
Des infrastructures au service des territoires
Cette production décentralisée fait évoluer le rôle des réseaux. Ils ne sont plus seulement conçus pour acheminer le gaz depuis quelques grandes sources de production : ils doivent aussi intégrer une multiplicité de points d’injection répartis dans les territoires. L’un des scénarios de France gaz privilégie ainsi des écosystèmes locaux fondés sur l’économie circulaire. Pour les collectivités et les acteurs de la filière, l’enjeu consiste à articuler ressources locales, unités de production, raccordements et besoins énergétiques.
Selon l’étude, cette complémentarité entre baisse des consommations, production renouvelable et infrastructures existantes permettrait de limiter les investissements. France gaz estime à 330 à 460 milliards d’euros les économies possibles d’ici 2050 par rapport au scénario de référence de la Stratégie nationale bas-carbone, dont plus de la moitié avant 2035.
Pour Frédéric Martin, président de France gaz, « le maintien d’un mix énergétique diversifié, le verdissement des usages et les innovations technologiques » constituent une opportunité pour la souveraineté énergétique. Dans les territoires, cette trajectoire repose notamment sur la capacité à raccorder les nouvelles productions et à faire évoluer les réseaux avec les usages.