15 ans après sa création, la fédération nationale des entreprises de détection des réseaux enterrés, la FNEDRE, a souligné le rôle décisif de la détection des réseaux enterrés dans la réussite sécurisée des projets d’aménagement et la transformation des territoires. « Cet anniversaire est bien plus qu’une simple étape symbolique. Il marque 15 années d’engagement au service de la sécurisation des chantiers réalisés à proximité des réseaux et de l’amélioration de leur cartographie », a rappelé son président, Damien Skaky.
Mais celui-ci a également souhaité rappeler une autre réalité encore méconnue : la détection et le géoréférencement des réseaux sont devenus un maillon central des politiques d’aménagement, de sécurité et de performance des infrastructures.
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Moment fort de la cérémonie, le président a également tenu à rappeler la dimension humaine et historique des enjeux liés aux réseaux enterrés. « Personne ne doit oublier que cette réforme anti-endommagement se voulait être la réponse à plusieurs accidents graves et mortels liés à des dommages sur les réseaux lors des travaux », a-t-il souligné, évoquant notamment l’explosion survenue à proximité du Cours Lafayette ayant fait un mort et de nombreux blessés. « Ne jamais négocier avec la sécurité », a-t-il insisté, rappelant que la prévention reste l’objectif premier du dispositif.
Une profession désormais reconnue mais encore fragile
Depuis 15 ans, la FNEDRE affirme avoir contribué à structurer une filière essentielle mais encore en construction. Parmi les avancées majeures, la reconnaissance en 2023 par le ministère du Travail de deux titres professionnels dédiés aux métiers de la détection et du géoréférencement constitue une étape clé. « Nous avons contribué à faire évoluer les pratiques, à promouvoir des standards de qualité exigeants et à accompagner la montée en compétence des acteurs de la filière », a ainsi rappelé Damien Skaky.
Un acteur central entre tous les maillons de la chaîne des travaux
Les prestataires de détection occupent une position singulière dans l’écosystème des réseaux enterrés, celle d’un intermédiaire technique indispensable entre exploitants, maîtres d’ouvrage et entreprises de travaux publics. Car ils interviennent à toutes les étapes : en amont, pour fiabiliser les projets ; pendant les chantiers, pour sécuriser les interventions ; et sur le long terme, pour améliorer la cartographie patrimoniale des réseaux. « Dans un monde idéal, notre profession occupe une position centrale pour garantir à la fois la sécurité des personnes et la maîtrise des projets », a résumé le président.
Un plan anti-endommagement jugé en perte de cohérence
Si les progrès sont réels depuis 2012, la FNEDRE alerte toutefois sur un ralentissement préoccupant de la dynamique initiale du plan anti-endommagement des réseaux. La fédération pointe notamment ; le retard des objectifs de cartographie ; l’absence de sanctions effectives ; la multiplication des exemptions ; ou encore, un transfert de responsabilités jugé inefficace. « Le processus d’amélioration progressive de la cartographie est à l’arrêt », a averti son président.
Un appel à réaffirmer l’ambition initiale
Face à ces constats, la FNEDRE appelle à un retour à l’esprit fondateur de la réforme de 2011–2012 : clarté, responsabilité et efficacité. « En finir avec les exemptions qui créent la confusion et remettre chacun devant ses responsabilités », plaide alors Damien Skaky.
L’objectif : restaurer un cadre lisible et opérationnel, garantissant une véritable montée en qualité des données et une réduction durable des risques.
Une mission qui dépasse la technique
Au-delà des enjeux réglementaires, la fédération a également insisté sur la portée sociétale de son action. « En sécurisant les travaux, en fiabilisant les données, nous contribuons directement à la protection des personnes, à la préservation des infrastructures et à la qualité des projets qui façonnent nos territoires », a notamment souligné le représentant de la profession.
Alors à l’heure de ses 15 ans, la FNEDRE ne célèbre pas seulement un anniversaire, elle pose également une question simple et claire, peut-on encore accepter que la sécurité des chantiers repose sur des données incomplètes et des responsabilités diluées ? La réponse apparait sans ambiguïté : non.