Le SEDDRe, qui représente les entreprises de déconstruction, dépollution et recyclage, tire la sonnette d’alarme sur le ralentissement du réemploi dans le bâtiment. Alors que le secteur génère plusieurs dizaines de millions de tonnes de déchets par an en France, une part importante des matériaux issus des chantiers pourrait pourtant connaître une seconde vie.
Le syndicat observe toutefois « un recul des ambitions de certains maîtres d’ouvrage en faveur du réemploi » dans un contexte marqué par une conjoncture dégradée, la hausse des coûts et les incertitudes liées à la filière REP PMCB. Selon les professionnels, le modèle économique reste fragile, avec des acteurs encore désorganisés, des débouchés insuffisants et des freins assurantiels persistants.
La dynamique reste par ailleurs très concentrée en Île-de-France. « Cette concentration n’est pas une fatalité géographique, prévient Alexandre Doyère, président du SEDDRe. C’est le résultat d’une densité d’acteurs, d’une culture de commande publique et d’une pression concurrentielle qui n’existent pas encore en dehors de l’Île-de-France. »
Pour changer d’échelle, le SEDDRe formule sept propositions, parmi lesquelles la rémunération des déposes soignées dans les marchés, le développement de la qualification « Déconstruction sélective », la structuration d’une filière nationale de repreneurs et reconditionneurs ou encore l’intégration de clauses incitatives dans les marchés publics.
Depuis l’entrée en vigueur de la REP PMCB en 2023, les principaux progrès concernent surtout l’organisation des chantiers : généralisation du diagnostic PEMD, tri à la source, traçabilité et dépose sélective. Le recyclage progresse ainsi plus rapidement que le réemploi effectif des matériaux, qui reste encore marginal.
Pour le SEDDRe, la transition vers une économie circulaire n’est plus optionnelle. « Les entreprises de déconstruction sont prêtes. Elles ont le savoir-faire, ou la capacité de l’acquérir. Ce qui leur manque, c’est un cadre économique, contractuel, réglementaire et logistique qui rende le réemploi non seulement possible, mais viable », affirme Mathieu Hiblot, délégué général du syndicat.
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