Dans un contexte de conflit persistant au Moyen-Orient et de risque d’enlisement, les premières répercussions économiques se font sentir, notamment via une hausse marquée des prix de l’énergie et des matières premières, qui pèse à la fois sur les coûts de production et le pouvoir d’achat des ménages. Ce contexte inflationniste, associé à une possible remontée des taux d’intérêt, constitue un risque pour la reprise du marché immobilier. Si la sortie de crise du secteur de la construction n’est pas remise en cause à ce stade, ces facteurs pourraient freiner la dynamique attendue en 2026 et 2027. Dans la filière matériaux, l’activité reste affectée par les intempéries en début d’année ; les granulats demeurent pénalisés par le ralentissement des travaux publics lié au cycle électoral, tandis que le béton prêt à l’emploi pourrait bénéficier du rebond de la construction de logements.
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Malgré des enquêtes d’opinion de l’INSEE traduisant une conjoncture hésitante dans le bâtiment, les données réelles montrent un net rebond de l’activité, notamment dans le logement. À fin février, les mises en chantier progressent fortement (+13,4 % sur un trimestre, +31 % sur un an), tant dans l’individuel que dans le collectif, même si les niveaux restent inférieurs aux moyennes historiques. Les permis de construire demeurent dynamiques (+15,7 % sur un trimestre, +16,5 % sur un an), tirés principalement par l’individuel. Dans le non résidentiel, les mises en chantier augmentent mais les permis reculent, avec des disparités selon les segments. La reprise du bâtiment neuf devrait ainsi être portée en 2026 par le logement, soutenue par les mesures récentes de la Loi de finances (dispositif « Jeanbrun », allègement de la RLS), qui pourraient générer 15 000 logements supplémentaires et une hausse globale de l’activité de +6 %. Toutefois, cette dynamique reste fragile : les ventes de logements neufs ont reculé fin 2025, les ventes de maisons ralentissent début 2026, et les tensions géopolitiques, via la hausse des prix de l’énergie et le risque de remontée des taux, pourraient freiner la demande. Dans ce contexte, les travaux publics reculent en début d’année (-4,1 % sur un an), avec une baisse des commandes (-12,8 %), pénalisés par les intempéries, le contexte post-municipales et la pression sur les coûts.
Le repli de l’activité attendu dans les TP, en lien avec la contraction des investissements des collectivités locales dans un contexte d’année électorale et de consolidation budgétaire, devrait peser sur la demande de granulats dont le recul, de l’ordre de - 1 % à - 2 %, serait amorti par un besoin croissant à destination du BPE. En effet, l’accélération de la construction neuve devrait se solder par une hausse des livraisons de béton dont l’ampleur (entre 0 % et + 2 %), reste conditionnée par la durée et l’issue du conflit dans le golfe arabo-persique.