Comme le secteur du bâtiment le redoutait, le taux de TVA à 7 % dont il bénéficiait jusqu’alors devrait être porté à 10 %, suite aux arbitrages rendus par le gouvernement sur le rapport Gallois. Une décision unanimement dénoncée par les associations professionnelles du secteur.
Les présidents de la fédération française du bâtiment (FFB), Didier Ridoret, et de la confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), Patrick Liébus, n’ont pas tardé à réagir suite à l’annonce de cette seconde hausse de la TVA applicable aux travaux du bâtiment. En deux ans, elle sera successivement passée de 5,5 à 7 %, puis de 7 à 10 %. Un quasi doublement.
Débouchant d’un rapport pour améliorer la compétitivité des entreprises françaises via des allègements de charges, cette décision ne manque pas d’ironie à en juger par l’interrogation du dirigeant de la Capeb. « A quoi vont servir [ces allègements], si nous n’avons plus d’activité», a-t-il déclaré. Anticipant une baisse d’activité de 1,5 milliard d’euros et la destruction de 16 000 à 18 000 emplois en 2014, il réclame aujourd’hui un "rendez-vous d’urgence à Matignon". Même son de cloche du côté de la FFB qui évoque également "des effets catastrophiques sur l’activité et sur l’emploi, provoquant inévitablement un retour massif du travail au noir". Pour la fédération, 20 000 emplois seraient en jeu, de même que l’engagement concernant la rénovation énergétique de 500 000 logements par an.
Alors que les deux organismes professionnels s’étaient élevés face au ballon d’essai lancé par le gouvernement au sujet d’une hausse de la TVA dans la restauration (et par conséquent dans le bâtiment), leur crainte se réalise. Se sentant floué par une mesure prise sans concertation et qualifiée "d’arbitraire", le secteur du bâtiment réclame le maintien de son taux, voire l’application du "nouveau taux réduit de 5 % pour le logement".