Les entreprises du bâtiment en Alsace, excédées par la "concurrence déloyale malvenue" en période de crise, souhaitent radier le régime auto-entrepreneur de leur secteur. La fédération des auto-entrepreneurs se défend.
Les professionnels du bâtiment ont trois principaux griefs contre les auto-entrepreneurs. D’abord "Les auto-entrepreneurs ne sont pas forcément des gens qualifiés et ils n’apportent pas les garanties nécessaires pour le client" affirme Pierre Macchi, le président de la fédération du bâtiment et des travaux publics du Haut-Rhin. Bien que les conditions légales soient les mêmes pour les deux parties, Pierre Fuetterer, secrétaire général de la fédération 68 du BTP persiste "(ce régime) donne le sentiment que l’on devient un peu trop facilement entrepreneur : on tente sa chance, et tant pis si ça ne marche pas…". Ensuite, les auto-entrepreneurs, non soumis à la TVA, proposent des services jusqu’à 20% moins chers. " Fiscalement, pour un chiffre d’affaires annuel de 20 000 €, un auto-entrepreneur paiera 150 € de plus qu’un artisan du BTP au régime réel" précise derechef Grégoire Leclercq président de la Fedae. Enfin, les auto-entrepreneurs seraient plus enclins à travailler au noir, selon Pierre Fuetterer. Un argument qui ne convainc pas la Fedae qui rappelle que le travail au noir représente 9% du CA global du BTP. La Fedae a également indiqué que les auto-entrepreneurs du BTP sont à l’origine de 873 millions d’euros de CA soit 2% des 55 milliards générés par l’ensemble du secteur.