Car quand il débarque dans le métier, le secteur en est encore à ses balbutiements. Loxam s’appelle alors SAM Location, créée à Lorient par Gérard Déprez. Kiloutou n’est encore qu’une enseigne familiale où les matériels de chantier côtoient les équipements de réception. Il se souvient encore de cette commande historique passée par Paul Aurières chez CGL : 50 mini-pelles vendues d’un seul coup, un volume alors inimaginable. Au fil des années émergent les pionniers qui vont bâtir le paysage français de la location : Jean-Pierre David chez Loueurs de France, Michel Petitjean et Serge Ansaldo chez Laho Équipement, Michel Gable, Phocomex, président un temps du groupe des loueurs, Alain Frèche, Frèche Location, Éric Guiot, Salti, Alexandre Pellegrin, Locadour, Gilles Beaufranc, Locatlas, Philippe Jan, Bleu Blanc, Pascal Barbe, CCMB, Georges Crenn et Maurice Bouché chez Locarmor, Philippe Thirion chez Top’Loc, et bien d’autres dirigeants devenus des références régionales puis nationales.
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Des milliers de pelles compactes Ammann-Yanmar puis Yanmar ont ainsi rejoint les flottes françaises sous son impulsion, avant l’aventure Wacker Neuson. Sans oublier les rouleaux à main, dont il reste l’un des vendeurs les plus emblématiques de l’industrie. Pour beaucoup, Marc Cavallo est aujourd’hui une véritable mémoire vivante de la location. Peu de professionnels peuvent revendiquer avoir côtoyé autant de dirigeants, accompagné autant d’entreprises et observé avec autant de recul les mutations d’un secteur devenu, en quelques décennies, un pilier de l’économie du matériel.
À l’heure où la réduction de la pénibilité, la raréfaction de la main-d’œuvre, l’automatisation des tâches et la décarbonation des matériels redessinent le marché, Marc Cavallo conserve un regard pragmatique. Il rappelle volontiers qu’autrefois c’était à l’opérateur de s’adapter à la machine, quand aujourd’hui tout est conçu pour que la machine s’adapte à l’utilisateur.
« J’ai eu la chance de travailler dans un milieu extraordinairement humain. Les enjeux étaient importants, mais la confiance, le respect et parfois même l’amitié donnaient une saveur particulière à ce métier. C’est ce qui me donne encore aujourd’hui envie d’avancer », sourit-il. Une phrase qui résume sans doute le mieux celui qui, pendant plus de quarante ans, aura accompagné plusieurs générations de loueurs et traversé l’âge d’or de la location française.