Sous les chaussées de la métropole lyonnaise, les réseaux de chaleur gagnent du terrain. La collectivité s’est fixé l’objectif de raccorder l’équivalent de 200 000 logements d’ici 2030, contre environ 120 000 aujourd’hui. Ces infrastructures, alimentées majoritairement par des énergies renouvelables et de récupération, constituent désormais un levier majeur de la transition énergétique locale.
Le réseau Centre Métropole, exploité sur Lyon et Villeurbanne, représente déjà 216 km de canalisations, 1 200 bâtiments raccordés et un mix énergétique composé à 76 % d’énergies renouvelables et de récupération, principalement issues de la valorisation énergétique des déchets et de la biomasse.
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Le développement du chauffage urbain se traduit aujourd’hui par de nombreux travaux dans l’espace public. En 2026, les interventions concernent notamment Lyon 3, Lyon 6, Villeurbanne, Saint-Priest et Vaulx-en-Velin. Ces opérations portent à la fois sur la création de nouveaux tronçons, le renouvellement d’ouvrages existants et la réalisation de raccordements vers les bâtiments.
Parmi les projets structurants figure l’extension du réseau Plateau Nord vers la Croix-Rousse. Ce programme de 57,8 millions d’euros doit permettre de prolonger les canalisations depuis Sathonay-Camp vers le 4e arrondissement et le nord du 1er arrondissement de Lyon.
Autre chantier emblématique : le réseau du Sud-Ouest lyonnais. Déployé sur les communes d’Oullins-Pierre-Bénite, Saint-Genis-Laval et La Mulatière, il atteindra à terme 38 km de canalisations et alimentera l’équivalent de 14 500 logements. Les premiers kilomètres ont été posés dès 2025 et les travaux se poursuivent en 2026.
Une nouvelle génération de chantiers
Pour les entreprises de travaux publics, ces projets présentent des spécificités techniques importantes. Les réseaux de chaleur reposent sur la pose de conduites pré-isolées transportant de l’eau chaude ou surchauffée. Leur mise en œuvre exige une maîtrise des terrassements, des assemblages, des soudures et des contrôles d’étanchéité.
Mais le principal défi est souvent ailleurs : dans la gestion du sous-sol. Eau potable, assainissement, gaz, électricité, télécommunications, transports urbains… les emprises disponibles se réduisent dans les centres urbains denses.
Chaque chantier nécessite donc des investigations préalables, des relevés précis, une coordination étroite avec les concessionnaires et un phasage rigoureux des travaux. À Lyon, certaines opérations entraînent des modifications de circulation, des réductions de voies ou des interventions par séquences afin de limiter les impacts sur les habitants et les activités économiques.
Un marché appelé à croître
Les réseaux de chaleur représentent désormais un marché d’infrastructures à part entière. Ils ne concernent plus uniquement l’énergie, mais mobilisent l’ensemble des savoir-faire des VRD. L’ampleur des projets engagés par la métropole lyonnaise montre que la transition énergétique se construit aussi sous la chaussée et que les réseaux de chaleur sont l’un des moteurs de l’activité des entreprises de travaux publics.