Descendre dans un regard d’assainissement est une opération à haut risque qui nécessite des précautions strictes. Les opérateurs peuvent être exposés à des gaz toxiques comme le sulfure d’hydrogène (H₂S), à des atmosphères appauvries en oxygène ou à des risques de chute lors de la descente. « Pour les services de l’eau, le problème c’est le risque mortel. On ne peut pas faire n’importe quoi, alors les clients sont beaucoup plus attentifs aux solutions de sécurité », souligne Thierry Forget, responsable grands comptes chez Tractel.
Dans ce contexte, la loi française impose que toute intervention comportant un risque de chute soit sécurisée par un dispositif antichute. Une obligation qui concerne les secteurs de l’eau et de l’assainissement, mais aussi l’industrie, l’énergie, la pétrochimie ou encore le nucléaire.
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Pour travailler dans les réseaux souterrains, les opérateurs doivent posséder le Certificat d’aptitude à travailler en espaces confinés (Catec), une certification obligatoire pour les interventions de maintenance ou d’exploitation. Cette formation repose sur trois piliers essentiels : la protection contre les chutes, la détection des gaz dangereux et la protection respiratoire. « Le Catec implique d’être formé à ces trois activités. Nous intervenons principalement sur le premier volet, la sécurisation de l’accès et l’antichute », précise Thierry
Trépieds et potences : des systèmes conçus pour sécuriser l’accès
Pour répondre à ces contraintes, Tractel propose notamment le système Davitrac, conçu pour sécuriser l’accès aux espaces confinés. Cette solution permet d’installer un point d’ancrage au-dessus d’un regard ou d’une trappe d’accès et de combiner plusieurs fonctions comme la protection antichute pour les opérateurs, le levage de charges et l’évacuation d’urgence.
« Ce sont des trépieds qui ont des capacités de levage, d’évacuation et de treuillage. Une solution qui cumule ainsi à la fois l’homme et la charge », explique Thierry Forget.
Le dispositif peut supporter deux opérateurs simultanément (150 kg chacun) et permettre des opérations de levage pouvant atteindre 500 kg. « La personne descend avec un système antichute. Si elle chute, le dispositif se bloque. Et si elle fait un malaise, on peut transformer le système en treuil pour la remonter », détaille-t-il. Ces équipements peuvent être montés sur trépied mobile, potence ou structure fixe, selon la configuration du site.
Des équipements normés pour les risques les plus graves
Les dispositifs antichute utilisés dans ces situations appartiennent à la catégorie III des équipements de protection individuelle (EPI), celle qui concerne les risques graves ou mortels. Cela implique une certification stricte et l’interdiction de modifier certains assemblages techniques. « Quand un produit est certifié avec un cordage spécifique, on ne peut pas le remplacer par n’importe lequel, celui-ci doit non seulement arrêter la chute mais aussi absorber l’énergie pour limiter la force exercée sur le corps », explique Thierry Forget.
Les mécanismes intégrés aux enrouleurs permettent d’arrêter la chute sur une courte distance tout en limitant l’effort subi par l’utilisateur.
Traçabilité et contrôle : des obligations pour les entreprises
Au-delà de l’utilisation des équipements, la réglementation impose également un suivi précis de leur état et de leur utilisation. Chaque matériel doit être enregistré dans un registre hygiène et sécurité mentionnant le numéro de série, la date de fabrication et d’achat, l’utilisateur auquel il est attribué. « Sur les harnais et les équipements antichute, une vérification visuelle est à faire chaque année. Elle peut être réalisée en interne par une personne formée, par un organisme accrédité ou par le fabricant, en l’occurrence Tractel », précise Thierry Forget. Pour faciliter cette gestion, certains équipements sont désormais dotés de QR codes permettant d’accéder instantanément à la notice, aux certificats de conformité ou aux fiches techniques.