Le projet de SNBC 3 mise sur une électrification massive des usages. Coénove rappelle qu’aucune énergie ne peut, seule, couvrir l’ensemble des besoins de la transition, en particulier dans le bâtiment, secteur fortement dépendant des variations climatiques. Ralentissement des rénovations performantes, montée des nouveaux usages électriques liés notamment à l’intelligence artificielle, tensions d’approvisionnement en hiver : autant de facteurs qui rendent, selon l’association, le maintien d’un mix diversifié incontournable.
Coénove met en avant les chaudières à très haute performance énergétique et les pompes à chaleur hybrides, des solutions qui combinent électrification maîtrisée, réduction des émissions de CO₂, maîtrise des coûts pour les ménages et écrêtement des pointes de consommation électrique.
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L’objectif fixé pour 2030 sur le biométhane est salué comme une avancée. Les ambitions retenues pour les gaz verts à horizon 2035 et 2050 sont en revanche jugées très en retrait par rapport au potentiel réel de la filière. Énergie locale, renouvelable et stockable, le gaz vert représente pour Coénove un levier de souveraineté énergétique, de développement économique territorial et de décarbonation.
L’association demande une révision à la hausse des objectifs de production issus des déchets agricoles et agroalimentaires, ainsi qu’une meilleure prise en compte des filières émergentes comme la pyrogazéification, la gazéification hydrothermale et la méthanation.
Des politiques publiques en décalage
Coénove alerte sur les incohérences qui fragilisent la stratégie énergétique française : réduction des aides à la rénovation, accélération voulue de l’électrification, baisse jugée injustifiée du coefficient Ep/Ef, suppression de certains soutiens aux solutions hybrides. Ces décisions modifient en profondeur les hypothèses de la SNBC 3, au point de rendre certains objectifs difficilement atteignables.
L’association demande une actualisation des scénarios prospectifs, afin d’en mesurer les conséquences réelles sur le pouvoir d’achat, les consommations d’énergie, les besoins d’investissement, les infrastructures et la sécurité d’approvisionnement. Certaines trajectoires, notamment sur les consommations de gaz et les potentiels de gaz verts, lui semblent sous-évaluées et révélatrices d’une approche trop exclusivement centrée sur l’électrification.
Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove, insiste sur le fait que la SNBC 3 doit rester une boussole pour la transition énergétique, et non l’instrument d’une politique uniquement tournée vers l’électrification. Réussir la décarbonation suppose, selon lui, de partir des réalités du terrain et des besoins concrets des Français. Se priver du potentiel des gaz renouvelables serait une erreur stratégique, alors que la France dispose d’atouts réels avec les gaz verts, les solutions hybrides et un mix diversifié. C’est en mobilisant l’ensemble de ces leviers, plutôt qu’en misant sur une seule technologie, que pourra se construire une transition robuste, souveraine et socialement acceptable.
Par cette contribution, Coénove appelle à renforcer l’ambition de la SNBC 3, pour qu’elle devienne un cadre conciliant : baisse des consommations, réduction des émissions, souveraineté énergétique, compétitivité et pouvoir d’achat.