Les solutions proposées aujourd’hui couvrent un large spectre : prélocalisateurs permanents, corrélateurs acoustiques ou encore outils d’écoute au sol. Ces équipements peuvent être installés de manière fixe pour une surveillance continue, ou déployés ponctuellement dans le cadre de campagnes de recherche de fuites. Les données collectées, transmises aux exploitants via des plateformes de supervision, suivent un objectif clair : mieux localiser les fuites et optimiser les interventions.
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Le secteur compte aujourd’hui un nombre limité d’acteurs majeurs. Dans ce paysage, certaines marques dominent à l’international tout en restant peu visibles en France. C’est le cas de HWM qui est leader mondial, mais encore peu présent sur le marché français.
Des distributeurs cherchent ainsi à introduire ces technologies, en s’appuyant notamment sur leur propre expérience d’utilisateurs. Car si les technologies ont progressé, elles ne remplacent pas l’expertise terrain. « Depuis 30 ans, on fait de la recherche de fuite et dans tous les cas, il faudra aller sur place pour localiser, explique de son côté Hydrausmart, le distributeur de la marque HWM Global en France. Et si certaines fonctionnalités, comme la corrélation acoustique, permettent d’affiner la recherche, elles ne garantissent pas pour autant une localisation exacte. »
Ainsi, la corrélation donne une indication, mais elle dépend aussi de la qualité des données réseau. Matériaux, diamètre ou pression influencent directement la précision des résultats. Des informations incomplètes peuvent ainsi conduire à des erreurs d’interprétation.
La limite des promesses “temps réel”
Parmi les arguments avancés sur le marché, la surveillance continue 24h/24 fait débat. « Aucun système ne fait de la détection en continu. Les capteurs travaillent surtout la nuit », souligne le distributeur. En pratique, les mesures sont réalisées lors de plages horaires spécifiques, généralement nocturnes, lorsque les conditions acoustiques sont les plus favorables. Conséquence : une fuite survenant en journée ne sera détectée qu’au cycle suivant…
Des données à interpréter avec prudence
Les capteurs acoustiques détectent avant tout des bruits. Leur interprétation reste essentielle. Ainsi, un bruit ne veut pas forcément dire qu’il y a une fuite… Il peut s’agir d’un équipement en fonctionnement ou d’une nuisance extérieure. De même, l’intensité sonore n’est pas un indicateur fiable du débit de fuite. D’où la nécessité de croiser les informations avec d’autres capteurs, notamment de pression ou de débit.
Vers des systèmes connectés et interopérables
Les équipements actuels intègrent des modules de communication permettant une remontée des données à distance, sans intervention humaine. L’intérêt étant davantage d’éviter les déplacements et d’optimiser les opérations. Certains dispositifs vont plus loin en proposant des capteurs multi-usages, capables de mesurer débit, niveau ou vitesse d’écoulement, aussi bien sur les réseaux d’eau que sur les milieux naturels.
Un enjeu d’adoption et de déploiement
Avec une autonomie pouvant atteindre 5 ans grâce aux batteries lithium et aux technologies basse consommation, les solutions proposées par HWM Global s’inscrivent dans une logique de déploiement à grande échelle. Mais leur adoption reste progressive, souvent concentrée sur certaines zones, notamment en région parisienne. L’enjeu pour Hydrausmart est désormais de convaincre les exploitants de tester ces solutions et qu’ils se fassent leur propre avis.