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« Cycl’Eau : l’eau au cœur des territoires »

VERONICA VELEZ, LE 9 MARS 2026
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« Cycl’Eau : l’eau au cœur des territoires »
À travers Cycl’Eau, Jean-Claude Lasserre défend une conviction : il n’existe pas une solution unique à la gestion de l’eau. Chaque territoire compose avec ses propres contraintes et doit bâtir sa propre feuille de route. Plus qu’un salon, Cycl’Eau se veut ainsi un espace de convergence, au service d’une ressource devenue stratégique. (Crédit DR)
La filière eau semble avoir trouvé son tempo avec Cycl’Eau. À l’heure où la raréfaction de la ressource rappelle que l’eau ne coule plus de source, sa gestion s’impose comme un enjeu stratégique, étroitement lié aux spécificités de chaque territoire. C’est précisément sur cette approche territoriale que s’est construit le salon.
À l’approche de l’édition toulousaine des 25 et 26 mars, qui s’annonce déjà comme un cru historique, son président Jean-Claude Lasserre -ou plutôt, comme il aime à le dire, coordinateur d’équipe- détaille les ambitions et les perspectives du rendez-vous.

Réseaux VRD : Vous êtes le président de Cycl’Eau, mais vous vous présentez comme le coordinateur d’une équipe. Comment êtes-vous organisés ?
Jean-Claude Lasserre : Cycl’Eau c’est avant une équipe. Nous sommes neuf autour de ce projet, structurés en deux pôles. Un pôle associatif, dédié notamment aux événements grand public comme le Village de l’eau, et un pôle plus économique qui pilote les salons professionnels. Notre activité principale reste l’organisation de salons. Mais depuis 2023, nous avons développé un événement à destination du grand public et des scolaires. L’objectif est clair : sensibiliser et informer sur la gestion de l’eau, l’accès à l’eau potable, l’assainissement, la gestion des cours d’eau — un sujet particulièrement d’actualité avec les inondations.

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RVRD : Cet événement est donc plus spécifiquement destiné au grand public ? Pourquoi ne pas l’avoir organisé en même temps que la Journée mondiale de l’eau ?
J.-C. L. : L’événement est proposé en effet au grand public au Port Viguerie à Toulouse, en partenariat avec l’Agence de l’eau Adour-Garonne, Toulouse Métropole, la Région Occitanie et la Banque Populaire Occitanie entre autres. Le monde associatif sera fortement mobilisé pour proposer ateliers, pièces de théâtre et autres animations pédagogiques autour de l’eau. Le calendrier de Cycl’Eau était trop proche, et cette journée du 22 mars concentre déjà de nombreuses actions de communication. Nous avons préféré nous positionner le 5 juin, journée mondiale de l’environnement, afin de nous différencier et d’accroître l’impact.

RVRD : Bordeaux et Toulouse sont-ils l’épicentre de votre développement ?
J.-C. L. : Bordeaux reste notre point d’ancrage historique. Mais aujourd’hui, l’axe Bordeaux-Toulouse-Montpellier est stratégique. Ainsi, nous reviendrons à Montpellier en 2027. À Aix, après une 2e édition en 2023, nous y retournerons en 2026 avec le soutien de la Région, qui y organisera son 3e Forum Régional de l’Eau. Une mutualisation des événements est aussi une chance pour nous, et le président de la Région Sud, Renaud Muselier, est très attentif à cette dynamique. Cycl’Eau devient ainsi un cadre fédérateur, même dans des territoires où les événements liés à l’eau sont déjà nombreux.

RVRD : La logique de déploiement de Cycl’Eau est née d’un constat territorial, racontez-nous ?
J.-C. L. : Cycl’Eau est né en 2017 d’un constat simple : il existait des salons nationaux comme Pollutec ou le Carrefour des Gestions Locales de l’Eau, mais peu d’événements véritablement ancrés dans les spécificités territoriales. Or chaque territoire a sa propre gestion de l’eau, ses contraintes géographiques, climatiques et politiques. Les solutions mises en œuvre en Bretagne ne sont pas celles du Sud-Ouest ou du Sud-Est. Les problématiques ne sont pas les mêmes qu’on soit dans le Sud-Ouest, le Sud-Est, le Rhône-Alpes. Donc c’est à Bordeaux que sont nés les rendez-vous Cycl’Eau avec l’appui des industriels et des collectivités régionales. Le succès de ce 1er salon a fait que deux autres régions, Grand-Est et Auvergne, nous ont contacté afin d’organiser avec eux un rendez-vous territorial à Strasbourg et Vichy. Et c’est sur cette dynamique que Cycl’Eau s’est décliné en biennal sur Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Aix, Clermont-Ferrand, Orléans, Mont-Blanc et la Corse

RVRD : Vous lancez également Cycl’Eau Mont Blanc cette année ?
J.-C. L. : Oui, c’est une demande qui émane de Martial Saddier, président du Conseil départemental de Haute-Savoie et du comité de bassin RMC. Après des journées thématiques et des conférences en 2024 et 2025 qui y ont rencontré un vif succès. Donc là, c’est aussi pour répondre précisément à une demande des collectivités et des partenaires qui nous disent qu’ils ont ici un vrai besoin. Notre objectif, sur chaque territoire, est de revenir au moins trois fois afin d’ancrer durablement ce rendez-vous.

RVRD : Le choix du rythme biennal est également stratégique ?
J.-C. L. : Oui, il permet un véritable retour d’expérience. Une édition annuelle ne laisserait pas suffisamment de recul pour mesurer concrètement les résultats des actions engagées. La prochaine édition toulousaine s’inscrit complètement dans cette démarche, et avec quasiment 170 exposants, elle dépassera l’édition bordelaise de 2025
On attend entre 3 500 à 4 000 participants avec des thématiques montées en comité de pilotage. On est en train de finaliser tout ça à l’heure actuelle mais avec des thématiques prégnantes, actuelles et bien sûr les retours d’expérience sont très attendus. Comme à chaque édition, nous recevrons des personnalités même si la période post-municipales rend les agendas incertains. Mais nous accueillerons notamment Élodie Galko, Sébastien Vincini, Jean-Louis Cazaubon et surtout Jean Launay, président du Comité national de l’eau, parrain et grand témoin de cette édition.

RVRD : La thématique de l’emploi qui fait partie des grands enjeux des travaux publics sera une fois de plus mise en avant ?
J.-C. L. : Tout à fait mais pour les canalisateurs par exemple, c’est indispensable. Notamment parce que d’ici 2 à 3 ans, vous avez 12 000 à 13 000 emplois qui seront à pourvoir. C’est donc un enjeu considérable pour eux au niveau de l’emploi. Le problème, c’est qu’on pense souvent à tort que canalisateur, c’est être dans la tranchée pour poser des tuyaux. Or, vous avez un large panel de métiers dans cette branche. D’ailleurs, la FRTP Occitanie qui est un partenaire historique de Cycl’Eau Toulouse sera présente une nouvelle fois, comme le président de la FNTP, Alain Grizaud qui participera également aux débats.

RVRD : Mais les enjeux autour de l’eau concernent tout autant le secteur de l’industrie, de plus en plus représenté sur Cycl’Eau ?
J.-C. L. : De plus en plus d’industriels intègrent la gestion de l’eau au cœur de leur stratégie RSE. Au-delà de la conformité réglementaire, ils structurent désormais des programmes dédiés à la sobriété, à l’optimisation des procédés et à la réutilisation des eaux, avec des objectifs mesurables en matière de performance environnementale et de sécurisation de la ressource.
Lors de Cycl’Eau Clermont en novembre dernier, Michelin a ainsi présenté son programme européen de gestion de l’eau, illustrant cette montée en puissance des démarches industrielles. À Toulouse, les Laboratoires Pierre Fabre partageront à leur tour leur retour d’expérience. Les enjeux sont majeurs lorsqu’on sait qu’environ 60 % des prélèvements concernent l’agriculture, 25 % l’industrie et 15 % la consommation humaine. Les marges de progrès se situent donc principalement dans les usages économiques. La réutilisation des eaux usées traitées en est un exemple frappant : la France reste autour de 1,5 %, loin derrière des pays comme Israël (85 %) ou l’Espagne (17 %).
Cycl’Eau abordera également les premiers cas d’usage de l’intelligence artificielle dans la gestion de l’eau, ainsi que les innovations portées par une vingtaine de PME présentes au « Village de l’Innovation » animés par les Pôles Aquanova et Aqua-Valley, témoignant du dynamisme technologique du secteur.


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