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[Tribune] Ingénieurs : « La France ne peut pas se permettre de casser la dynamique de l’apprentissage »

LA RÉDACTION, LE 6 MARS 2026
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[Tribune] Ingénieurs : « La France ne peut pas se permettre de casser la dynamique de l’apprentissage »
Michel Kahan, président de Syntec-Ingénierie. Crédit : Syntec-Ingénierie
"La France manque déjà d’ingénieurs. Pourtant, au moment où les besoins explosent pour réussir la transition écologique, moderniser les infrastructures et accélérer la transformation numérique, nous prenons le risque d’affaiblir l’un des dispositifs qui permet précisément de former ces talents : l’apprentissage". Tribune de Syntec-Ingénierie.

Chaque année, près de 20 000 ingénieurs manquent à l’économie française. Cette tension n’est plus marginale : 85 % des sociétés d’ingénierie déclarent rencontrer des difficultés de recrutement. Derrière ces chiffres, il y a des projets qui ralentissent, des innovations qui prennent du retard et, parfois, des opportunités industrielles qui échappent à notre pays.
Dans ce contexte, la baisse de plus de moitié des aides à l’embauche d’apprentis dans l’enseignement supérieur envoie un signal préoccupant. Les nouvelles dispositions ramènent l’aide à 2 000 euros pour les entreprises de moins de 250 salariés et 750 euros au-delà, contre des montants bien plus élevés ces dernières années.
Certes, l’État cherche à maîtriser ses dépenses. Les économies attendues sont estimées à 200 millions d’euros en 2026 et 700 millions en 2027. Mais ces arbitrages interviennent à un moment particulièrement critique. D’ici à 2030, les besoins en ingénieurs pourraient augmenter de 30 % dans la construction et de 24 % dans l’industrie, tandis que les capacités de formation ne progresseraient que d’un peu plus de 10 %.
Autrement dit, l’écart entre l’offre et la demande de compétences techniques risque de se creuser encore.
Or l’apprentissage a prouvé son efficacité. Il permet aux entreprises de former des jeunes aux réalités des métiers, tout en facilitant leur insertion professionnelle. Il contribue aussi à diversifier les profils dans des filières encore trop homogènes socialement.
Car le défi n’est pas seulement quantitatif. Il est aussi qualitatif. Les écoles d’ingénieurs comptent moins de 30 % de femmes dans leurs promotions. Sur la plateforme Parcoursup, les filières scientifiques concentrent plus de 40 % des vœux masculins, mais seulement 17 % des vœux féminins. Les biais d’orientation persistent et limitent l’accès de nombreux talents à ces carrières.
L’alternance joue précisément un rôle essentiel pour élargir le vivier, en permettant à des jeunes issus de parcours plus divers d’accéder aux formations scientifiques et techniques.
Affaiblir ce levier aujourd’hui serait une erreur stratégique.
La question dépasse largement le seul secteur de l’ingénierie. Elle concerne la capacité de la France à réussir ses grandes transformations : décarbonation de l’économie, modernisation des infrastructures, souveraineté technologique.
Sans ingénieurs, ces transitions resteront des intentions.
Il est donc urgent de sécuriser les dispositifs de soutien à l’apprentissage, de renforcer l’attractivité des filières scientifiques dès le plus jeune âge, notamment auprès des jeunes filles, et d’ouvrir un dialogue structuré entre l’État, les écoles et les entreprises pour anticiper les besoins en compétences à l’horizon 2030.
Investir dans les talents scientifiques et techniques n’est pas une dépense de court terme. C’est un choix stratégique pour l’avenir.
La pénurie d’ingénieurs est déjà une réalité tangible pour nos entreprises. Elle fragilise notre capacité à innover, à décarboner nos activités et à conduire les grands projets dont notre pays a besoin.
Nous sommes aujourd’hui à un moment charnière. Si nous voulons que les métiers scientifiques et techniques continuent d’être un moteur d’innovation et un ascenseur social, nous devons collectivement agir.
Car sur ce sujet, le diagnostic est clair : nous sommes au pied du mur ».

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