Après une expérimentation menée en 2020 ayant permis d’accompagner plus de 700 exploitations sur 21 territoires, l’agence de l’eau franchit une nouvelle étape. Sur 34 candidatures déposées, 27 projets ont été sélectionnés, majoritairement portés par des collectivités territoriales. Ces projets couvrent un périmètre élargi : au-delà de la réduction des pollutions, ils intègrent désormais des objectifs d’économie d’eau, d’amélioration de l’infiltration dans les sols et de reconquête des zones humides et de la biodiversité. Au total, plus de 1 000 exploitations agricoles pourraient être engagées, sur une surface dépassant 81000 hectares.
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L’agence mobilise une enveloppe globale de 50 millions d’euros sur 5 ans :
8 millions d’euros dédiés à l’émergence et au pilotage des projets (financés jusqu’à 70 %) ;
42 millions d’euros consacrés à la rémunération des agriculteurs.
Afin d’assurer la pérennité des démarches, 80 % de la rémunération des agriculteurs est prise en charge, les 20 % restants étant cofinancés par les porteurs de projets ou d’autres partenaires publics et privés. Ces aides permettront de soutenir des actions concrètes : réduction des herbicides, amélioration de la couverture des sols, optimisation de l’irrigation ou encore restauration des milieux naturels. Les porteurs de projets ont jusqu’au 30 avril 2027 pour finaliser leurs dispositifs et formaliser les engagements des exploitations.
Des objectifs environnementaux renforcés
Les projets retenus répondent à plusieurs priorités :
- restaurer la qualité de l’eau potable ;
- améliorer l’infiltration de l’eau dans les sols ;
- réduire la consommation d’eau ;
- favoriser la biodiversité ;
- restaurer les zones humides.
Cette approche globale traduit une volonté d’adaptation aux enjeux climatiques et de transformation durable des pratiques agricoles.
Cinq projets emblématiques sur le terrain
Dans l’Est lyonnais, la Régie Eau du Grand Lyon lance son premier PSE pour sécuriser des captages stratégiques, dont celui de Crépieux-Charmy. Le projet prévoit d’accompagner 80 exploitations sur 6 700 hectares vers des pratiques agricoles moins dépendantes des intrants chimiques.
Dans le Jura, la régie de l’Espace Communautaire Lons Agglomération (ECLA) engage un second programme afin de renforcer la protection du captage de Villevieux, qui alimente une grande partie de la population locale. Quinze exploitations seront accompagnées dans la réduction des nitrates et des pesticides.
Dans l’Hérault, la Communauté de communes de la Vallée de l’Hérault cible la transition agroécologique de 20 exploitations, principalement viticoles, pour préserver la qualité de l’eau sur le captage de l’Aumède.
Dans le Var, le Parc naturel régional de la Sainte-Baume déploie un second dispositif PSE axé sur la sobriété hydrique et l’infiltration de l’eau. Quarante exploitations seront mobilisées pour améliorer la gestion de l’irrigation et renforcer la capacité des sols à stocker l’eau.
Dans l’Ain, le syndicat Reyssouze et Affluents engage un projet centré sur la préservation du bocage et des prairies humides de la basse vallée. Dix exploitations participeront à la protection d’habitats essentiels pour des espèces menacées comme le triton crêté ou le cuivré des marais.
En mobilisant les collectivités et les agriculteurs autour d’objectifs communs, les PSE s’imposent comme un outil structurant pour concilier production agricole et préservation des ressources naturelles. Comme le souligne Nicolas Mourlon, directeur général de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, cette nouvelle étape marque « un engagement fort en faveur de la transition écologique des territoires », avec des projets finaux attendus d’ici un an.