A l’occasion d’une conférence de presse organisée dans ses locaux parisiens, en ce mardi 12 novembre, la fédération nationale des travaux publics (FNTP) a livré son analyse d’une situation sectorielle qu’elle juge préoccupante à plus d’un titre.
Conscient que son organisation tire régulièrement la sonnette d’alarme et que l’attention apportée à ses inquiétudes pourrait s’éroder, le président de la FNTP, Bruno Cavagne, a déclaré vouloir s’en tenir à une approche "factuelle" de la situation.
Il a qualifié de "nouveau décrochage", la baisse de 3 % du chiffre d’affaires des entreprises de travaux publics pour l’année 2013. Une perte évaluée à 39,5 milliards d’euros et qui porte à - 20 % la dégradation du chiffre d’affaires du secteur sur les six dernière années. Dans ce contexte alourdi par la chute du taux de rentabilité net moyen qui s’était fixé à 1,7 % au 31 décembre 2012, de nombreuses entreprises affichent des pertes et se sont vues contraintes de couper dans les effectifs. En 2013, ce seront 8 000 emplois permanents et 1 000 emplois intérimaires qui auront ainsi disparus. Une tendance négative qui ne devrait pas s’inverser dans une année électorale 2014 durant laquelle le chiffre d’affaires devrait baisser de 4 %, selon les prévisions de la FNTP.
Décisions et absence de décisions
Si Bruno Cavagne concède que la baisse des investissements provient des collectivités locales et du secteur privé, et non de l’Etat qui ne constitue pas un client direct des entreprises de travaux publics, il pointe néanmoins "les conséquences des choix" de ce dernier. Entre la baisse des ressources accordées à l’agence de financement des infrastructures (AFITF), la réduction des dotations aux collectivités locales et la ponction réalisée sur les agences de l’eau, le dirigeant évalue à 1,4 milliard d’euros la perte d’activité induite par ces décisions, soit 3,5 points de chiffre d’affaires.
Plus que "des effets d’annonce sur la réalisation de grands projets non financés à l’heure actuelle" [ndlr : LGV Bordeaux - Toulouse et Bordeaux - Dax ou encore le tunnel Lyon - Turin], le président de la FNTP attend aujourd’hui du gouvernement qu’il clarifie ses ambitions, ses hypothèses de financements et sa programmation afin de mettre en œuvre "une vraie politique cohérente d’infrastructures dans ce pays".