Strasbourg, Toulouse, Grenoble, Nantes, Clermont-Ferrand… Les métropoles de France se préparent à voir leurs réseaux de transports bouleversés par les Services express régionaux métropolitains ou SERM. Il s’agit de grands projets métropolitains ayant pour objectif ambitieux, et non des moindres, de concurrencer la toute puissante voiture individuelle.
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En quoi consisteront les travaux concernant le ferroviaire ?
A ce jour, on recense 29 projets SERM labélisés par l’Etat pour un montant total de travaux de plusieurs dizaines de milliards d’euros (certaines sources avancent plus de 40 milliards d’euros). Il serait difficile de comparer les SERM à des équivalents de Grands Paris Express provinciaux. La plupart des projets en effet se concentrent davantage sur une amélioration globale du service avec une augmentation de la desserte et du matériel roulant plutôt que sur de gros chantiers d’infrastructures ferroviaires.
En termes de nouvelles lignes ferroviaires, on recense ainsi uniquement le SERM de Lille qui prévoit la création de 40 kilomètres de voies ferrées. En revanche, de nombreux travaux ont lieu sur les lignes existantes pour fluidifier la circulation. Ces travaux concernent ainsi les doublements ponctuels, sauts-de-mouton, modernisation de la signalisation ou encore la pose d’aiguillages aux SERM de Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Toulouse, Nantes, Grenoble, Rouen, etc.
Les projets de nouvelles gares seront nombreux également. Par exemple sur la métropole de Lyon, qui ambitionne une fréquence des trains tous les quarts d’heure, 5 ou 6 nouvelles gares ferroviaires sortiront de terre.
Un programme qui devrait durer une bonne décennie
A ce jour, aucun SERM n’est entré dans sa phase de travaux, bien que les métropoles avancent à des stades différents. Il faut dire qu’avant d’arriver à cette étape, le processus de mise en place d’un SERM est très laborieux (voir schéma), avec plusieurs validations à obtenir.
En novembre 2022, Emmanuel Macron annonçait la création de « RER Métropolitains » sur tout le territoire national. Cette ambition présidentielle s’est muée en un travail parlementaire aboutissant à la loi du 27 décembre 2023 créant les « Services express régionaux métropolitains » (SERM). Depuis lors, les collectivités territoriales ont fait émerger des projets qui, après labellisation de l’Etat, ont abouti sur des phases de préfiguration des projets de SERM.
Aujourd’hui, 9 projets ont été remis au ministre des Transports, la phase finale avant d’obtenir l’éventuel statut de SERM. Les 20 autres projets de SERM en sont encore au stade précédent, c’està-dire la phase de préfiguration avant le dépôt du dossier auprès du ministre.
« La Société des grands projets intervient aux côtés de SNCF Réseau et de SNCF Gares & Connexions, pour conduire les études de la phase de préfiguration, préciser le niveau de service attendu — par exemple la fréquence des trains ou l’articulation avec les autres modes de transport — établir le phasage du projet dans le temps, son financement etc. », explique la SGP.
Qui financera les SERM ?
Il n’y aura pas un modèle de financement unique et répliqué à l’ensemble des projets. Chaque projet comporte des spécificités et donc des modalités de financement qui lui sont propres seront déployées. Aujourd’hui les contrats de plan Etat-Région sont dotés d’une enveloppe de 800 millions d’euros sur la période 2023-2027, ce qui permet d’engager les études et aménagements nécessaires aux premiers déploiements de nouveaux services.
Chaque territoire pourra bâtir son propre montage, en combinant plusieurs sources possibles : contribution de l’État, contributions des collectivités locales, tarification, emprunts de long terme, etc. L’une des pistes portées par la Société des grands projets est le recours à l’emprunt sur les marchés financiers adossé à de la fiscalité à assiette locale dédiée permettant de rembourser cet emprunt. Ce modèle a été mis en place par la Société des grands projets pour financer le Grand Paris Express en Île-de-France et a fait ses preuves. Il permettra de donner à l’ensemble des partenaires locaux de la visibilité à long terme sur le financement du SERM et de rendre les améliorations de services progressives réalisables et crédibles.
Obtenir le statut de projet SERM ouvre donc considérablement les possibilités de financer des projets de mobilité pour une métropole. Les trois « poids-lourds » parmi l’ensemble des SERM concernent ceux de Lille, le projet le plus cher avec 8 milliards d’euros, notamment pour la nouvelle voie, ainsi que Lyon et Toulouse, avec 3 milliards d’euros chacun. Dans ces métropoles, les gares sont saturées et nécessitent l’ajout de voies et de moderniser totalement les systèmes d’aiguillage.
Quelle place pour les entreprises de travaux ferroviaires ?
La SGP précise que c’est lors de la phase de préfiguration – qui touche actuellement à sa fin – que sont définis les besoins en matière d’aménagement : infrastructures ferroviaires, pôles d’échange multimodaux, les voies réservées aux bus, les aménagements cyclables ou encore les ateliers de maintenance. Avant cela, il faudra passer toutes les étapes réglementaires et administratives des enquêtes publiques et concertation. Néanmoins, de nombreux bureaux d’études et d’ingénierie sont d’ores et déjà mobilisés dans la phase de préfiguration.
Il faut donc s’attendre à voir tomber les appels d’offres auprès des entreprises de travaux lorsque les premiers statuts de SERM seront décernés pour de bon. « Par la suite, la réalisation de projets comprenant des infrastructures lourdes pourra prendre jusqu’à 10 ou 15 ans », prévoit la SGP.