Alors que certains anticipent l’enterrement des recommandations phares du rapport Gallois, nombre d’entreprises exhortent le gouvernement à suivre les conclusions de l’ex-patron d’EADS, sur un sujet au moins.
Parmi les mesures que les entreprises appellent de leurs voeux, l’allègement des charges sociales de 30 milliards d’euros apparaît en tête de liste. Or, c’est bien ce volet du rapport Gallois, portant sur le coût du travail, qui fait débat. Contrairement aux recommandations concernant la compétitivité "hors coût", cette décision impacterait fortement les finances publiques et pousserait l’exécutif vers des chemins qu’il se refuse jusqu’alors à emprunter : réduction de la dépense publique, mise en place d’une TVA sociale, hausse de la CSG... Des perspectives dont beaucoup pensent qu’elles dissuaderont le pouvoir en place.
Le gouvernement est, en effet, dans une position inconfortable puisqu’une baisse des cotisations l’aménerait à réviser en profondeur sa politique, au risque de s’aliéner une partie importante de son électorat. Mais avec une opinion publique favorable à plus de 60 % aux allègements de charge, selon une étude Ipsos pour Sud Ouest, l’opportunité politique existe. Depuis le Laos, où il participera au sommet Europe-Asie, François Hollande aurait promis des "décisions fortes", selon Europe 1. Chacun pourra juger sur pièce dès demain lors des arbitrages que rendra le premier ministre, Jean-marc Ayrault.