Le 5 septembre à 13 heures, la dernière barre d’habitation du quartier Balzac à Vitry-sur Seine, dite tour « GHJ », a disparu en quelques secondes dans un nuage de poussière. Elle a été démolie par la technique du vérinage, procédé breveté par l’entreprise Ferrari en 1997.
La technique du vérinage consiste à effondrer un immeuble sur lui-même par une poussée hydraulique, horizontale ou oblique. A Vitry-sur-Seine, 11 vérins hydrauliques de poussée de 160 t unitaire, commandés à distance, ont mis en mouvement la partie supérieure de l’immeuble, qui en se déplaçant latéralement s’est effondrée sur la partie inférieure en provoquant l’écrasement de celui-ci à la façon d’un château de cartes, dans la direction choisie et sur une faible amplitude.
Il n’y a pas d’explosif mis en oeuvre ni de projection horizontale de gravats, ce qui permet de réduire le périmètre de sûreté de 50 à 70 mètres environ autour du bâtiment, et limite considérablement le nombre de personnes à évacuer.
La barre à démolir mesurait 85 m de long, 13 m de large et environ 45 m à son point le plus haut. Elle a été construite en 1962 et abritait 168 logements répartis sur 14 étages.
La masse à déplacer était d’environ 6 500 t, et la puissance de poussée disponible pour le vérinage de 1 600 t. Le volume de gravats est estimé à 16 000 m3.
Le but du vérinage est de diminuer la hauteur du bâtiment de façon à trier et charger les gravats directement avec une pelle hydraulique conventionnelle.
L’abattage n’est pas instantané, il n’y a pas de compte à rebours du type 3, 2, 1, Top mais un temps technique de montée en pression des vérins entre le démarrage de la poussée et la rupture du béton.
Un coup de corne de brume est donné pour annoncer le départ du vérinage, puis un deuxième indique le début de l’écroulement : c’est le moment où les murs porteurs de l’étage de poussée se plient en biais. Enfin un troisième coup de corne de brume annonce la fin de l’opération qui aura duré… 4 secondes