Dans le domaine particulier de la reprise en sous-œuvre des sinistres de la construction, il est une entreprise qui a su tirer son épingle du jeu. Discrètement mais efficacement, SRO, fondée il y a dix ans par Joëlle Melani a fait de l’envie d’entreprendre de sa dirigeante, un gage de réussite dans le milieu du BTP azuréen. Quand femme veut…
Et bien elle se donne les moyens d’atteindre son objectif. Et ce n’est pas une première expérience malheureuse dans l’entreprenariat individuel qui a découragé cette professionnelle des TP. Bien au contraire ! « Ça m’a donné l’impulsion, la pugnacité d’aller au bout de ce challenge ». En 1998, SRO, acronyme de Société de Réhabilitation d’Ouvrage voit donc le jour à Solliès-Pont. Son créneau spécifique, les sinistres de la construction, qu’ils soient consécutifs à des catastrophes naturelles ou des décennales, est un créneau « très pointu, très technique, où l’on remet en question souvent ses connaissances ». Exigeant donc mais voilà qui correspond parfaitement au caractère de cette femme entreprenante à plus d’un titre. Car il a fallu faire fi des incrédulités et des esprits chagrins lorsqu’il y a dix ans, être une femme dans le milieu du BTP n’était pas aussi bien vu et accepté qu’aujourd’hui. Néanmoins tout cela n’a pas empêché la petite entreprise de croître et de se développer. « J’avais la vocation », explique Joëlle Mélani.
Aujourd’hui SRO c’est 10 salariés, parfois plus « en fonction des chantiers », et une intervention sur la région Paca, plus spécifiquement des Bouches-du-Rhône aux Alpes-Maritimes. L’activité, lissée sur l’année, ne souffre pas, comme d’autres sociétés du BTP, du ralentissement constaté. Pas de la même façon en tout cas. « Nous sommes dans une niche d’activité donc nous ne subissons pas de plein fouet le ralentissement de la croissance mais plutôt son contrecoup. Ce que nous subissons c’est davantage le ralentissement des paiements de la part des compagnies d’assurances, l’émergence plus longue des dossiers, des fonds qui sont attribués en 8 à 10 mois… » Se qualifiant elle-même « d’éternelle insatisfaite », Joëlle Mélani a des projets de développement plein la tête. Notamment celui de créer un bureau d’études. C’est à cette fin qu’elle a repris ses études d’ingénieur béton il y a peu. « Tout ce construit doucement », analyse-t-elle. Il y a quatre ans, elle a créé un projet immobilier d’envergure pour installer son entreprise. Un bâtiment tout blanc, qui fait sa fierté. « Mais il ne faut pas se disperser ». Juste transmettre la bonne parole de l’entreprenariat. Membre du groupe Femmes au sein de la FBTP du Var, elle espère transmettre sa foi. « La passion est dans mes choix mais après il faut savoir apaiser, écouter. Des valeurs que je partage avec toute mon équipe ». De vraies valeurs ajoutées…