Routes élargies, ronds-points coupés, ponts modifiés… Les chantiers de recalibrage d’une centaine de kilomètres de routes départementales entre l’Étang de Berre et Cadarache, ont démarré. Ils devront être terminés fin 2009 pour pouvoir acheminer, sur cet itinéraire bis, les éléments les plus volumineux nécessaires à la fabrication du réacteur ITER(1).
Imaginez que vous devez transporter un immense colis de 60 m de long, de 9 de large, de 11 de haut, le tout pour un poids de l’ordre de 900 t et sur une distance d’une centaine de kilomètres. Cette pièce, constituera l’un des 200 convois d’un gabarit hors du commun qui, dès 2010 et jusqu’en 2015, circuleront entre l’Étang de Berre et Cadarache pour acheminer sur le site d’ITER les équipements destinés à son fonctionnement. Ainsi, bien avant d’essayer de reproduire la fusion du soleil, ITER doit déjà relever ce premier défi.
Après avoir écarté le trajet par voie fluviale sur le canal EDF et par l’autoroute, tous deux bien trop compliqués (et chers) à mettre en œuvre, la solution privilégie un itinéraire bis empruntant plusieurs départementales entre Berre l’Étang et Cadarache.
96 chantiers sur 100 km
Voici quelques semaines, les premiers coups de pioche ont été donnés. « Nous avons 96 chantiers sur le tracé », explique Nadia Fabre, chargée des travaux de l’itinéraire au sein de la direction régionale de l’équipement. « La plupart concerne des consolidations et des élargissements de voirie que nous allons devoir mener de front, le tout en gênant le moins possible la circulation. » S’il est possible d’aménager les travaux sur la D113 entre Berre l’Étang et Lançon-de-Provence, ou encore sur la D561 vers Saint-Estève-Janson, d’autres secteurs sont par contre totalement coupés à la circulation. C’est le cas des 6 km entre Meyrargues et Peyrolles sur la D15. « Là, nous devons passer d’une route de 4 m de large, avec des fossés anciens et profonds sur les côtés, à une voirie de 7 m de large et des accotements de chaque côté, précise Nadia Fabre. Nous avons décidé de bloquer totalement la route car nous n’avons pas d’autres solutions. »
À ce casse-tête géant s’ajoutent une vingtaine de ronds-points à couper et surtout 25 ponts, le plus souvent à reconstruire pour faire passer les convois géants. « Pour 15 d’entre eux, nous allons en profiter pour les refaire complètement, poursuit-elle. Les 10 autres vont être aménagés avec des structures temporaires. » Parmi ces chantiers, celui du défilé de Mirabeau, près de Jouques, sera le plus complexe. L’actuel pont étant trop étroit, un mur paysagé va être construit en parallèle. L’espace entre les deux sera ensuite remblayé pour pouvoir doubler la largeur de la D952. « Ces travaux que nous devons réaliser d’ici mi-2009 ont été conçus pour avoir une vie après le passage des convois d’ITER, pour qu’ils profitent à l’ensemble des populations, ajoute encore Nadia Fabre. Les routes seront plus sûres, les carrefours mieux éclairés, les arbres replantés, l’eau mieux protégée. » 350 personnes devraient travailler sur l’ensemble de ces chantiers d’aménagement qui représentent un budget global de 91 millions d’euros, dont 72 millions d’euros apportés par le Conseil général.
(1) Sigle anglais pour International Thermonuclear Experimental Reactor. En français : réacteur expérimental thermonucléaire international.
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