"Les immatriculations de VI neufs (>5 t) passent de 49 056 unités en 2024 à 44 102 en 2025, soit près de 5 000 véhicules de moins. La contraction est visible dès le premier semestre et se prolonge tout au long de l’année, malgré quelques mois ponctuellement mieux orientés, en particulier décembre où les immatriculations ont progressé de 20,3 % par rapport à décembre 2024. Les porteurs totalisent 21 231 immatriculations sur l’année, contre 23 566 en 2024, soit une chute d’environ 9,9 %. Les tracteurs suivent une trajectoire comparable, à 22 871 unités contre 25 490 un an plus tôt, soit un recul de 10,3 %", résume Arnaud Villéger, en charge de l’étude OVI chez BNP Paribas.
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Avenir incertain dans le BTP
Dans le secteur du transport dans le BTP, la dégradation est également visible, mais avec un certain décalage, illustrée par un recul de 10,1 % des marchés de travaux conclus en euros constants, de janvier à novembre 2025. Dans ce secteur, les indicateurs économiques restent stables en 2025, mais à des niveaux bas. Les mises en chantier de logements montrent des signes de redémarrage, la production de granulats également (+0,3 %), suivant la courbe de la demande de béton prêt à l’emploi.
Les bennes chute
Le cœur de marché Bennes + BTP (bras de levage) est en recul, selon les chiffres de la FFC Constructeur, 5 434 unités auront été carrossées sur onze mois 2025, après déjà une année 2024 plutôt faible, ce qui place ces équipements nettement sous leur moyenne décennale. Cette faiblesse reflète directement la conjoncture peu porteuse des travaux publics et du bâtiment : carnets moins fournis, investissements publics retardés. En regard, les plateaux (y compris version chantier) se maintiennent mieux, à 2 983 unités sur onze mois, en léger retrait (-4,6 %) par rapport à 2024 mais bien au-dessus des niveaux observés précédemment, confirmant une demande soutenue sur les usages polyvalents et de chantier.
Sur le segment du VUL, les configurations plateaux-bennes subissent l’ajustement le plus marqué, passant de 16 708 immatriculations sur onze mois 2024 à 11 170 en 2025, soit –33,1 %, effaçant en grande partie le rebond post-Covid. Le marché des VUL est d’ailleurs à un creux historique en 2025 à 360 000 unités.
Concernant les semi-bennes, segment cyclique, la progression ponctuelle à 2 483 unités (+22,6 %) est liée à un renouvellement technique, après un effondrement de 2019 à 2024, sans retrouver toutefois leurs niveaux d’avant-crise. Les plateaux en remorques et semi-remorques donc les porte-engins reculent de 20 points aux alentours de 774 unités.
L’électrique rebondit en fin d’année
Sur les énergies utilisées par les transporteurs, le diesel écrase toujours le marché à près de 90 % de taux d’utilisation. L’électrique, qui représente 2,1 % des immatriculations en 2025, connaît un certain engouement sur la toute fin de l’année avec près de 4 % des immatriculations sur le seul mois de décembre. Ceci au détriment du B100 exclusif qui s’effondre, passant de 60 à 40 % de taux d’utilisation dans les énergies alternatives entre le T3 et le T4. Ce qui fait dire à Arnaud Villéger, que l’électrique a une vraie place pour le transport urbain de moins de 50 km et périurbain de 50 à 150 km, notamment si on parle de TCO sur la vie complète du véhicule, la part de l’énergie électrique serait comprise entre 15 à 25 % dans ce calcul du coût global d’utilisation.
En conclusion de l’observatoire des véhicules industriels pour 2026 :
– Retournement de tendance vers une croissance des immatriculations esur 2026 entre stabilité et + 5%
– Émergence d’un mix énergétique différent, plus électrique.
Les prévisions de l’OVI pour 2026