Le changement dépasse le simple changement de nom. Après plus de 60 ans d’existence, le syndicat national de l’extrusion plastique (SNEP) devient VinylPlus France avec l’ambition de porter une parole commune au nom de la filière PVC. L’organisation rassemble désormais les différents maillons de la chaîne, de la fabrication de résine et de compounds jusqu’à la transformation, l’usage, la collecte et le recyclage.
Cette évolution intervient dans un contexte où la filière est confrontée simultanément aux enjeux de décarbonation, de circularité, de compétitivité industrielle et de renouvellement des infrastructures. « Le PVC est une matière performante, essentielle pour un bâtiment décarboné. VinylPlus France est là pour en faire connaître les qualités, souvent méconnues », souligne Nicolas Barros, président de VinylPlus France.
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Fenêtres, revêtements, câbles et cheminements électriques, membranes d’étanchéité, mais aussi canalisations : le PVC occupe une place importante dans le bâtiment et les travaux publics. Dans le domaine des réseaux, il est notamment utilisé pour les canalisations d’eau potable, d’assainissement et d’eaux pluviales, ainsi que pour certaines applications liées aux télécoms et aux réseaux électriques.
VinylPlus France veut désormais mettre davantage en avant les caractéristiques de la matière elle-même, au-delà des différents marchés auxquels elle est destinée. La longévité des produits, leurs performances techniques et la possibilité de recycler mécaniquement le PVC constituent notamment des axes de communication de la nouvelle organisation.
Cette approche vise également à rapprocher des acteurs qui évoluaient jusqu’ici selon des logiques de marché différentes : fabricants de résine et d’additifs, compounders, fabricants de tubes et raccords, industriels de la menuiserie, des revêtements, des équipements électriques ou encore recycleurs.
-45 % d’émissions à l’horizon 2035
La première traduction concrète de cette démarche est la feuille de route de décarbonation publiée en janvier 2026. Elle fixe à la filière française un objectif de réduction de 45 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 pour les profilés, tubes et raccords PVC.
Plusieurs leviers sont identifiés. L’intégration de PVC issu du recyclage mécanique représenterait un potentiel de réduction de 20 %, tandis que l’amélioration des filières de fin de vie contribuerait à hauteur de 21 %. La logistique aval et l’amélioration des performances des sites industriels complètent ces leviers. La feuille de route fixe également des objectifs de circularité : atteindre 50 % de collecte pour recyclage en fin de vie et intégrer 30 % de matières premières recyclées issues de gisements post-consommation à l’horizon 2035. Pour les profilés, la cible d’intégration de PVC recyclé atteint 50 %, contre 30 % pour les tubes et raccords.
Pour les applications liées aux réseaux, l’enjeu est notamment de disposer de gisements de matières recyclées suffisamment importants et adaptés aux exigences techniques des produits. La démarche doit ainsi permettre de mieux articuler collecte, recyclage et réintégration de la matière dans de nouvelles applications.
Une déclinaison française de VinylPlus
VinylPlus France s’inscrit dans le programme européen VinylPlus 2030, qui réunit depuis plus de 25 ans les différents acteurs de la chaîne de valeur du PVC autour de la circularité et de la réduction de l’empreinte environnementale.
En 2025, le programme européen revendique 765 972 tonnes de PVC recyclées, portant à 10,3 millions de tonnes le volume recyclé depuis 2000. Selon VinylPlus, cette activité aurait permis d’éviter 20,6 millions de tonnes de CO₂.
Avec son nouveau périmètre, VinylPlus France entend désormais devenir un interlocuteur des pouvoirs publics, des éco-organismes et des acteurs de la construction sur les questions de circularité et de développement durable. L’objectif affiché est de faire converger les industriels autour de données et d’engagements communs, tout en donnant davantage de visibilité aux actions engagées par la filière.
Cette nouvelle organisation place ainsi la matière PVC au centre du débat : non seulement sous l’angle de ses usages et de ses performances techniques, mais aussi de son cycle de vie et de sa capacité à s’inscrire dans une industrie plus circulaire.