Comment décarboner le système énergétique sans multiplier les investissements dans de nouvelles infrastructures ? C’est l’un des enjeux des « Perspectives gaz 2050 », étude prospective publiée par France Gaz avec l’appui du cabinet E-Cube. Deux scénarios sont étudiés : l’un davantage fondé sur les écosystèmes locaux et l’économie circulaire, l’autre sur la réindustrialisation et les échanges internationaux.
Malgré leurs différences, les deux trajectoires reposent sur un même principe : combiner efficacité énergétique, électrification et développement des gaz renouvelables et bas carbone. Selon l’étude, cette complémentarité permettrait de réduire de 330 à 460 milliards d’euros les investissements nécessaires à l’horizon 2050 par rapport à la trajectoire SNBC 3. Environ la moitié des économies serait réalisée entre 2025 et 2035.
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Pour France Gaz et Coénove, ces résultats plaident pour une transition énergétique s’appuyant davantage sur les infrastructures existantes. Les gains identifiés reposent notamment sur le déploiement d’équipements efficaces ou hybrides, des trajectoires de rénovation différenciées et la mobilisation des réseaux gaziers.
Dans le bâtiment, la consommation résidentielle de gaz passerait ainsi de 120 TWh en 2025 à environ 60 TWh en 2050. Dans le même temps, plus de 9 millions de logements conserveraient un usage du gaz, notamment via des solutions hybrides. L’objectif n’est donc pas seulement de réduire les volumes consommés, mais aussi de faire évoluer les usages et les équipements raccordés aux réseaux.
Les solutions hybrides, notamment les PAC hybrides, sont présentées comme un moyen de combiner électricité décarbonée et gaz renouvelable. Elles pourraient également contribuer à limiter les appels de puissance électrique lors des périodes de pointe hivernale.
Méthanisation, pyrogazéification et méthanation
L’autre volet de la trajectoire concerne le verdissement des molécules. Plusieurs filières sont identifiées pour produire des gaz renouvelables à partir des ressources des territoires : méthanisation, pyrogazéification, gazéification hydrothermale ou encore méthanation. Le développement de ces filières permettrait de valoriser des ressources agricoles, des déchets et différents flux organiques ou carbonés, tout en alimentant les réseaux existants. Dans les territoires ruraux non raccordés, les biogaz liquides pourraient également constituer une solution complémentaire.
Pour Coénove, qui soutient l’étude, cette évolution doit toutefois s’accompagner d’un cadre permettant aux producteurs et aux consommateurs de disposer de davantage de visibilité. L’association demande notamment la publication de la trajectoire des Certificats de production de biométhane (CPB), ainsi qu’une meilleure prise en compte des gaz renouvelables dans le DPE et la réglementation environnementale des bâtiments.
« Développer les gaz renouvelables et bas carbone, tout en réduisant les consommations, permettrait d’alléger les investissements nécessaires à la transition et de renforcer notre sécurité d’approvisionnement », estime Frédéric Martin, président de France Gaz.