L’inspection aérienne reste largement tributaire des hélicoptères pour surveiller les lignes électriques et les canalisations de transport de gaz. Coûteuse, bruyante et émettrice de CO₂, cette méthode présente aussi des contraintes de disponibilité. Face à ces limites, HyLight développe des dirigeables autonomes capables de réaliser des missions d’inspection sur de longues distances.
Long de 12 m, le HyLighter est propulsé électriquement à partir d’hydrogène. Il peut voler jusqu’à dix heures, avec une distance cible de 350 km, en embarquant différents capteurs : caméras, LiDAR et détecteurs de méthane. Ces équipements permettent de collecter des données sur l’état des infrastructures et, dans le cas des réseaux gaziers, de rechercher des fuites.
La solution est déjà utilisée par plusieurs gestionnaires et opérateurs d’infrastructures, dont Enedis, NaTran et Téréga. HyLight travaille également avec SNCF Réseau et VINCI. L’entreprise revendique plus de 750 heures de vol et des milliers de kilomètres inspectés en France et en Europe.
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Au-delà du vecteur aérien, l’intérêt de la solution repose sur le traitement des données. Les logiciels développés par HyLight exploitent les images et les relevés collectés pour identifier et géolocaliser automatiquement plus de 50 types de défauts. Pour les réseaux électriques, l’analyse porte notamment sur les risques liés à la végétation, susceptibles de menacer l’intégrité des lignes.
L’objectif est de fournir aux équipes de maintenance des informations directement exploitables, plutôt que de leur soumettre des milliers d’images à examiner. Pour les gestionnaires de réseaux, cette automatisation pourrait faciliter le repérage des points sensibles, la hiérarchisation des interventions et le suivi de l’évolution des infrastructures.
À terme, la répétition des campagnes d’inspection doit également alimenter un jumeau numérique des réseaux et des territoires survolés. Les données accumulées pourraient ainsi contribuer à une connaissance plus fine du patrimoine et à la préparation des opérations de maintenance.
Une flotte appelée à monter en puissance
HyLight vient de lever 13 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs, dont Rubio Impact Ventures, DRW et Teampact Ventures, avec la participation de ses investisseurs historiques Y Combinator et Ring Capital. Cette opération doit financer l’industrialisation des appareils, le développement des capacités d’analyse automatisée et l’expansion commerciale en Europe. La startup prévoit de passer de quatre dirigeables en exploitation à 15 appareils opérés simultanément en 2027. Elle compte également recruter dans l’ingénierie, l’intelligence artificielle, la data et les opérations.
Pour les gestionnaires de réseaux électriques et gaziers, l’enjeu sera de confirmer, à plus grande échelle, la capacité de ces aéronefs à compléter, voire à remplacer certaines missions d’hélicoptère, tout en améliorant la détection des anomalies et la préparation des interventions.