La consommation de gaz en Auvergne-Rhône-Alpes s’est établie à 37 TWh en 2025, soit 11 % de la consommation française. Elle diminue de 3 % par rapport à 2024, dans un contexte de ralentissement industriel et de transformation des procédés de production.
La distribution publique (résidentiel, tertiaire et petites industries) concentre 73 % des volumes, avec 27 TWh consommés, en hausse de 4 % sur un an. À l’inverse, les industriels raccordés au réseau de transport affichent une consommation de 10,3 TWh. La chimie reste le premier secteur consommateur (35 %), devant le verre (18 %), la production électrique (13 %) et la métallurgie (11 %).
Cette évolution traduit à la fois les difficultés économiques de certains sites industriels et les efforts engagés pour réduire les émissions de CO₂. Dans ce contexte, NaTran poursuit ses investissements afin d’accompagner la décarbonation des activités industrielles régionales.
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La dynamique des gaz renouvelables se confirme. En 2025, 73 unités de méthanisation injectent du biométhane dans les réseaux régionaux, soit sept de plus qu’en 2024. La capacité installée atteint désormais 1 TWh, l’équivalent de la consommation annuelle d’environ 250 000 foyers chauffés au gaz. La région se rapproche ainsi de l’objectif fixé pour 2030 : 180 unités en fonctionnement et 5 TWh de biométhane produits chaque année.
Pour accompagner cette montée en puissance, NaTran a mis en service en février 2026 un second poste de rebours à Yzeure (Allier), après celui de Saint-Victor inauguré en 2023. Cet équipement de 3 M€ permet de transférer vers le réseau de transport le surplus de biométhane non consommé localement. Les deux installations renforcent les capacités d’injection autour de Montluçon et de Moulins.
Une région stratégique pour l’hydrogène européen
Au-delà du biométhane, l’Auvergne-Rhône-Alpes se positionne comme un maillon clé des futurs réseaux hydrogène. Le 1er juillet 2025, lors des Journées Hydrogène dans les Territoires à Lyon, cinq Régions ont signé une déclaration commune de soutien au projet HY-FEN, future dorsale hydrogène française connectée au corridor européen H2med.
Le projet prévoit 850 km d’infrastructures, dont 286 km en Auvergne-Rhône-Alpes, afin de relier les Bouches-du-Rhône à l’Allemagne. L’objectif est de transporter de l’hydrogène renouvelable et bas carbone pour décarboner les grands bassins industriels européens. La mise en service est envisagée à l’horizon 2032, avec une concertation publique prévue à l’automne 2026.
Parallèlement, NaTran participe au projet européen IMAGHyNE porté par la Région. L’entreprise étudie notamment un hydrogénoduc de 40 km reliant la Vallée de la Chimie à la dorsale HY-FEN via l’aéroport Lyon-Saint-Exupéry.
La Tarentaise prépare aussi l’avenir
En Savoie, NaTran investit 15 M€ dans un réseau de 25 km entre Albertville et La Léchère pour sécuriser l’approvisionnement des industriels Tokaï COBEX Savoie et UGI’RING. Conçue pour transporter du gaz naturel et du biométhane, cette infrastructure est également compatible à terme avec l’hydrogène. Sa mise en service est prévue début 2028.
En 2025, NaTran emploie 435 salariés dans la région, exploite 3 919 km de réseau et dessert 85 clients industriels directement raccordés au réseau de transport. L’entreprise a investi 32 M€ sur le territoire régional pour moderniser les infrastructures, développer les gaz renouvelables et préparer les futurs réseaux hydrogène.
Ces investissements confirment la place croissante de l’Auvergne-Rhône-Alpes dans la transition énergétique française, à la croisée des enjeux de décarbonation industrielle, de souveraineté énergétique et d’intégration aux futurs corridors européens de l’hydrogène.