Sur la presqu’île d’Arvert, l’eau potable doit composer avec une équation particulièrement exigeante : une ressource essentiellement souterraine, des besoins qui augmentent fortement en période estivale et la nécessité d’assurer la continuité de l’alimentation d’un territoire littoral. Pour y répondre, Eau 17 engage un important programme de renforcement de ses infrastructures. Le chantier du nouveau château d’eau de Breuillet en constitue l’un des éléments structurants.
Implanté sur un point haut, à proximité des principales canalisations de transport d’eau potable existantes, l’ouvrage disposera d’une capacité de 1 000 m³. Il sera complété par un réservoir au sol de 1 500 m³ et une station de pompage. L’ensemble doit permettre d’augmenter les capacités de stockage, d’améliorer les conditions de distribution et de sécuriser les transferts entre les différents secteurs du réseau.
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Le futur château d’eau desservira directement le secteur des « Rives de la Seudre », qui regroupe notamment Arvert, Breuillet, Chaillevette, Étaules, La Tremblade, Les Mathes, Mornac-sur-Seudre et Saint-Augustin. Mais son rôle ne s’arrête pas à ce périmètre. Grâce à l’interconnexion des réseaux, l’ouvrage pourra également contribuer à l’alimentation d’autres secteurs de la Communauté d’agglomération Royan Atlantique (CARA) en cas de besoin.
Cette capacité de mutualisation constitue un enjeu majeur dans un contexte où la disponibilité de la ressource pourrait devenir plus incertaine. Sur le territoire de la CARA, près de 100 % de l’eau consommée provient de ressources souterraines, exploitées à partir de forages et de deux usines de production situées à Chenac et Barzan. L’eau est ensuite stockée dans les châteaux d’eau de l’agglomération avant sa distribution.
Le nouvel équipement doit ainsi apporter davantage de souplesse au système. Il permettra notamment de mieux absorber les pointes de consommation estivales liées à l’activité touristique, tout en renforçant la capacité du réseau à faire face aux évolutions à plus long terme liées au changement climatique.
19 jours pour élever la cuve
Au-delà de son rôle hydraulique, le chantier présente une particularité technique : la construction de la cuve est réalisée avec la technique du coffrage glissant. Le principe consiste à faire progresser en continu un coffrage mobile grâce à des vérins hydrauliques. Le bétonnage peut ainsi être réalisé sans interruption, au fur et à mesure de l’élévation de l’ouvrage.
Cette méthode, mise en œuvre par Eiffage avec le spécialiste autrichien Gleitbau Salzburg, permet de travailler 24 heures sur 24 et sept jours sur sept pendant la phase de glissement. À Breuillet, le coffrage a progressé durant 19 jours pour atteindre la hauteur prévue.
Les dimensions donnent la mesure de l’opération : près de 52 m de haut, 9 m de diamètre à la base et jusqu’à 17 m au sommet, avec une pente constante de 7,75 cm par mètre. Quelque 700 m³ de béton sont nécessaires à la réalisation de l’ouvrage.
Le choix du coffrage glissant répond ici à un objectif de maîtrise du délai et de régularité de la construction. La progression continue limite les reprises entre phases de bétonnage et permet de réaliser rapidement un ouvrage de grande hauteur, tout en imposant une organisation particulièrement rigoureuse des approvisionnements, des équipes et du suivi du bétonnage.
Un investissement de 8,1 M€
Le chantier s’inscrit dans un programme d’investissement d’environ 20 millions d’euros consacré au renforcement de l’alimentation en eau potable de la CARA. Pour le projet de Breuillet, l’investissement global dépasse 8,1 millions d’euros, tandis que le montant des travaux est évalué à 7,2 millions d’euros HT.
L’opération est financée à 70 % par Eau 17 et à 30 % par l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Elle est organisée en 3 lots : le réservoir au sol et la station de pompage, le château d’eau et les canalisations de liaison au réseau.
Les premiers travaux ont débuté fin 2025 avec la réalisation des raccordements aux feeders existants, achevée en mars 2026. Les terrassements du château d’eau ont suivi, avant le démarrage du génie civil en juin. Le chantier doit se poursuivre jusqu’en 2027, avec la réalisation du réservoir au sol, l’installation des équipements hydrauliques et les aménagements associés. La mise en service est prévue fin 2027 après les essais en eau.
À travers cette opération, Eau 17 ne construit donc pas seulement une nouvelle capacité de stockage. Le syndicat renforce l’interconnexion et la capacité d’adaptation d’un réseau appelé à répondre à des besoins plus variables, dans un territoire où la pression touristique et les effets du changement climatique rendent la sécurisation de l’eau potable particulièrement stratégique.
Les intervenants :
Maître d’ouvrage : Eau 17
Financement : Eau 17 (70 %) et Agence de l’eau Adour-Garonne (30 %)
Maîtrise d’œuvre : Cabinet Merlin
Travaux : SOC, SADE, ALLEZ et EGDC
Canalisations de liaisons : Robinet
Génie civil du château d’eau : Eiffage
Coffrage glissant : Gleitbau Salzburg
Béton : EDYCEM
Spécialiste renforcement : Welbond
Tour d’accès : Groupe Entrepose
Les travaux sont réalisés en 3 lots.
Maître d’ouvrage : Eau 17
Financement : Eau 17 (70 %) et Agence de l’eau Adour-Garonne (30 %)
Maîtrise d’œuvre : Cabinet Merlin
Travaux : SOC, SADE, ALLEZ et EGDC
Canalisations de liaisons : Robinet
Génie civil du château d’eau : Eiffage
Coffrage glissant : Gleitbau Salzburg
Béton : EDYCEM
Spécialiste renforcement : Welbond
Tour d’accès : Groupe Entrepose
Les travaux sont réalisés en 3 lots.