Piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB) et le ministère de la Transition écologique, l’Observatoire des services publics d’eau et d’assainissement publie son seizième panorama national à partir des données 2024 saisies dans Sispea. Cette édition marque un tournant avec une évolution de la gouvernance : les missions d’accompagnement des collectivités sont désormais assurées au niveau national par le bureau d’études Espelia, tandis que Sispea devient le portail unique de collecte de certaines données techniques utilisées dans le calcul des redevances des agences de l’eau.
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Cette évolution améliore sensiblement la représentativité des données. Les informations couvrent désormais 90 % des services d’eau potable (99 % de la population), 79 % des services d’assainissement collectif (96 % de la population) et 68 % des services d’assainissement non collectif (92 % de la population). Les auteurs du rapport invitent toutefois à interpréter avec prudence les comparaisons avec les années précédentes, en raison des changements méthodologiques liés à cette période de transition.
Un rendement des réseaux qui recule légèrement
Le rendement moyen des réseaux de distribution d’eau potable s’établit à 79 % en 2024, contre un niveau supérieur à 81 % observé entre 2021 et 2023. Autrement dit, un litre d’eau sur cinq est encore perdu par fuite avant d’arriver au robinet. Près d’un service sur cinq (19 %) ne respecte pas les exigences du décret relatif au rendement des réseaux.
Dans le même temps, la connaissance du patrimoine continue de progresser, notamment grâce aux nouvelles exigences réglementaires. L’indicateur de gestion patrimoniale atteint 105 points sur 120 pour les réseaux d’eau potable, contre 73 points pour les réseaux d’assainissement collectif. L’écart tend toutefois à se réduire, les collectivités renforçant progressivement leur connaissance des ouvrages et équipements.
Le prix de l’eau poursuit sa hausse
Autre enseignement majeur : la facture d’eau continue d’augmenter. Au 1er janvier 2025, le prix moyen de l’eau potable et de l’assainissement collectif atteint 4,89 €/m³ TTC, contre 4,69 €/m³ deux ans auparavant. Pour une consommation annuelle de référence de 120 m³, la facture moyenne s’élève désormais à 586,80 € par an, soit près de 49 € par mois.
Cette hausse de 4,3 % entre 2023 et 2024 dépasse le rythme de l’inflation. Selon l’Observatoire, elle s’explique notamment par l’évolution des redevances des agences de l’eau, le renforcement des exigences européennes en matière de qualité de l’eau et de traitement des eaux usées, ainsi que par les besoins croissants de renouvellement des infrastructures.
Une intercommunalisation qui ralentit
Le mouvement de regroupement des compétences eau et assainissement se poursuit, mais à un rythme moins soutenu. En 2024, la France compte 12 685 collectivités compétentes, contre plus de 24 000 en 2010. Le taux de gestion intercommunale atteint désormais 72,5 %.
Cette dynamique pourrait toutefois ralentir dans les prochaines années à la suite de la loi d’avril 2025, qui met fin à l’obligation de transfert des compétences eau et assainissement aux intercommunalités. Un changement qui pourrait modifier durablement l’organisation des services, alors même que les enjeux de performance technique, de renouvellement des réseaux et d’adaptation au changement climatique nécessitent des capacités d’investissement toujours plus importantes.