Depuis près de vingt ans, le Syndicat Mixte de Traitement des Ordures Ménagères (SMTOM) de la région de Villerupt assure le traitement et la valorisation des déchets produits par près de 191 500 habitants répartis sur quelque 150 communes de Meurthe-et-Moselle, de Moselle et de Meuse.
Dans le cadre de cette mission, le SMTOM avait confié dès 2006 à un groupement d’entreprises, comprenant notamment Elcimaï, la conception et la réalisation du centre multi-filières Maxival à Villers-la-Montagne. Dédié au traitement de l’ensemble des flux de déchets du territoire, le site s’enrichit aujourd’hui d’une unité de méthanisation destinée à valoriser énergétiquement la fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM).
Les premiers mètres cubes de biométhane produits par l’installation ont récemment été injectés dans le réseau de transport de gaz opéré par NaTran, marquant une étape importante dans la montée en puissance du site.
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Pour cette nouvelle unité, Elcimaï a assuré la maîtrise d’œuvre des fonctions process : convoyage des matières, méthanisation, épuration du biogaz et désodorisation du bâtiment. Les travaux de construction et les lots bâtimentaires ont quant à eux été pilotés par l’atelier Muller Architecture.
L’originalité du projet repose sur le choix de deux digesteurs en voie sèche continue, également appelés digesteurs « piston ».
« La partie organique des ordures ménagères était auparavant valorisée en compostage et le syndicat a souhaité évoluer vers la valorisation énergétique. Nous avons fait le pari d’installer deux digesteurs en voie sèche continue. Cette technologie permet un mélange et une dilution extrêmement réduits ; c’est un outil qui ne consomme pas d’eau, autre que les eaux pluviales récupérées, et très peu d’électricité », explique Romain Martin, d’Elcimaï Ingénierie.
Cette approche permet de limiter fortement les consommations d’eau et d’énergie tout en réduisant l’emprise foncière de l’installation. Un positionnement cohérent avec les objectifs actuels de sobriété énergétique et de maîtrise de l’impact environnemental.
Une production de biométhane directement injectée dans le réseau
L’unité traite un gisement de biomasse de 22 500 tonnes par an présentant un taux de matière sèche de 50 %. Le biométhane produit est injecté dans le réseau de transport de gaz sous une pression de 42 bars, avec un débit d’injection atteignant 220 Nm³/h.
Au-delà de la production énergétique, le projet intègre également une réflexion approfondie sur la gestion des coproduits de méthanisation. Grâce aux caractéristiques de la voie sèche continue, les volumes de digestat générés sont significativement réduits.
Anticiper les futures exigences réglementaires
La valorisation organique du digestat constitue un enjeu majeur pour le SMTOM comme pour l’ensemble de la filière méthanisation française. Les équipes du projet ont ainsi porté une attention particulière à la conformité future des digestats avec le « Socle Commun » applicable aux matières fertilisantes et supports de culture, dont l’entrée en vigueur est prévue début 2027.
Cette anticipation réglementaire vise à sécuriser durablement les débouchés agricoles et à renforcer la performance environnementale globale de l’installation.
La réception officielle des installations est prévue au cours de l’été 2026.