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Les réseaux de chaleur franciliens : cap sur la décarbonation

LA RÉDACTION, LE 6 FÉVRIER 2026
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Les réseaux de chaleur franciliens : cap sur la décarbonation
Localisation des chaufferies et des réseaux de chaleur carboné(e)s en Ile-de-France
Le secteur résidentiel et tertiaire, principal consommateur d’énergie et émetteur de gaz à effet de serre en Île-de-France, doit impérativement se transformer. Les réseaux de chaleur urbains, très développés dans la région, sont des outils clés pour leur décarbonation, mais ils doivent répondre à des défis majeurs notamment la densification et la décarbonation des installations existantes, qui restent la priorité la plus urgente.

Les réseaux de chaleur en Île-de-France ont une longue histoire, remontant à 1927 avec la création du premier réseau de chauffage urbain à Paris. L’urbanisation rapide des années 1950 à 1970 a conduit à un développement massif de ces réseaux, qui reposaient principalement sur des chaufferies au charbon, au gaz ou au fioul. Les crises pétrolières successives ont accéléré la diversification des sources d’énergie, avec la géothermie et la récupération de chaleur des unités d’incinération (UVE). À partir de 2005, une relance législative a permis de remettre les réseaux de chaleur au cœur des priorités énergétiques nationales, notamment avec la loi de Transition énergétique pour la croissance verte de 2015.

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Une densité unique au monde
Alors que la concession du réseau de chaleur parisien vient d’être renouvelée, avec son réseau hors norme de par son histoire vieille de plus de 100 ans et de par sa taille, le département Energie-Climat de L’Institut Paris Region publie une analyse de l’ensemble du parc francilien avec ses 133 réseaux de chaleur et son écosystème unique au monde, de par ses ressources locales et son ingénierie en géothermie de pointe. C’est bien au niveau régional que se pense ce type d’infrastructure. 
Rappelons que le secteur du bâti résidentiel et tertiaire demeure le principal secteur de consommation énergétique et d’émissions de gaz à effet de serre (GES) en Île-de-France, faisant de sa transition énergétique une priorité absolue. Les réseaux de chaleur franciliens, d’une densité unique au monde, représentent un levier puissant pour accompagner sa décarbonation.
Si les premières marches à venir sont déjà franchies, cette transition est loin d’être simple et nécessite de surmonter plusieurs défis majeurs, notamment l’adaptation des infrastructures existantes, le développement de nouvelles capacités de production et l’intégration de sources d’énergie renouvelables et de récupération dans des réseaux en pleine expansion.
2050 se pense aujourd’hui 
Avec 54 % d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R), le parc francilien a passé la 1ère marche de l’objectif européen de 2028 de 50 % d’EnR&R. Mais face aux 66,5 % au niveau national les réseaux franciliens restent plus carbonés que la moyenne française :  
45 % d’énergies fossiles, majoritairement du gaz naturel (6 TWh, soit 44 % du mix) et un contenu carbone évalué à 149 gCO₂/kWh (ACV), supérieur à la moyenne française (113 gCO₂/kWh).
L’objectif européen est de 100 % d’ENR&R en 2050. Or, transformer les réseaux de chaleur demande de lourds investissements sur le long terme. Il convient donc de penser dès maintenant cette mutation pour calibrer les réseaux et diversifier les ressources.

Une accélération des projets de décarbonation
De nombreux projets de renouvellement et de modernisation des réseaux sont en cours, notamment la conversion des dernières chaufferies au charbon, comme celle de la CPCU à Saint-Ouen, qui a déjà poursuivi sa transition vers la biomasse en 2024, et celle de Massy-Antony qui devrait également faire le choix du 100% biomasse pour sa chaufferie d’ici 2026. Ces projets font partie d’une dynamique régionale visant à remplacer progressivement les énergies fossiles par des énergies renouvelables.
Parallèlement, de nouvelles technologies telles que la géothermie de surface, la récupération de chaleur fatale (notamment des data centers) et l’utilisation de pompes à chaleur mutualisées sont de plus en plus exploitées. À Garges-lès-Gonesse, un projet 100 % renouvelable marie géothermie, chaleur de récupération et biogaz, illustrant le potentiel des réseaux de chaleur à s’affranchir des énergies fossiles tout en optimisant l’efficacité des installations.

Vers une décarbonation complète
Malgré ce potentiel exceptionnel, plusieurs limites apparaissent : une possible saturation de la géothermie du Dogger en première couronne, la baisse des déchets incinérés (-5% entre 2022 et 2023) impactant la chaleur issue des UVE, des tensions croissantes et concurrentielles sur la biomasse liées au changement climatique, les besoins importants de foncier pour certaines installations, ...
Les défis restent donc nombreux pour l’Île-de-France, qui demeure bien placée pour devenir un modèle de transition énergétique grâce à son histoire, ses ressources et son écosystème technologique. 


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