Certaines fonctionnalités de ce site reposent sur l’usage de cookies.
Les services de mesure d'audience sont nécessaires au fonctionnement du site en permettant sa bonne administration.
ACCEPTER TOUS LES COOKIES
LES COOKIES NÉCESSAIRES SEULEMENT
CONNEXION
Valider
Mot de passe oublié ?
RÉSEAUX VRD

PPE 3 : pour Coénove, une feuille de route saluée, mais un débat escamoté et des équilibres fragiles

LA RÉDACTION, LE 17 FÉVRIER 2026
Archiver cet article
Newsletters
PPE 3 : pour Coénove, une feuille de route saluée, mais un débat escamoté et des équilibres fragiles
Crédit DR
Attendue depuis des mois, la publication de la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3) a tracé la trajectoire énergétique de la France pour 2030-2035. Mais si l’organisation Coénove en salue l’ambition, notamment sur les gaz renouvelables, elle regrette une adoption sans débat parlementaire et alerte sur les déséquilibres d’une stratégie jugée trop centrée sur l’électrification.

Avec 15 TWh de capacités de biométhane raccordées et plus de 800 méthaniseurs en activité, la filière biogaz s’est imposée comme l’une des réussites de la transition énergétique française. La PPE 3 confirme cette dynamique en fixant un objectif de 50 TWh de production de gaz renouvelables, dont 44 TWh injectés dans les réseaux. Une trajectoire qui consacre leur rôle stratégique dans la décarbonation des usages thermiques, en particulier dans le bâtiment.
Mais pour Coénove, l’ambition doit s’inscrire dans la durée. Au-delà de 2030 et plus encore à l’horizon 2035, l’organisation appelle à une reconnaissance élargie des nouvelles technologies : pyrogazéification, gazéification hydrothermale, méthanation. Autant de solutions complémentaires à la méthanisation, aujourd’hui mature, qui pourraient renforcer la souveraineté énergétique française.
Le gouvernement est ainsi attendu sur plusieurs points clés : visibilité post-2035, reconnaissance de l’ensemble des procédés de production, trajectoire des Certificats de Production de Biométhane (CPB) après 2028, ou encore feuille de route pour les gaz liquides renouvelables, particulièrement stratégiques pour les territoires ruraux.

PUBLICITÉ
Électrifier à marche forcée ? Le risque d’un pari unique
Derrière la PPE 3, un choix stratégique se dessine : celui d’une électrification massive des usages. Une orientation que Coénove juge réductrice. « En énergie comme ailleurs, il n’est jamais bon de tout miser sur un seul cheval », prévient Jean-Charles Colas-Roy, président de Coénove.
Opposer nucléaire et renouvelables, ou concentrer l’effort sur l’électricité au détriment d’un mix diversifié, ferait peser des risques sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises, estime l’organisation. Pour elle, la priorité doit rester la réduction des consommations énergétiques, par la sobriété et l’efficacité.
« Une transition énergétique juste et résiliente repose d’abord sur la maîtrise des consommations et la diversification du mix », plaide le président de Coénove avant d’insister également sur l’enjeu de souveraineté. Produits localement à partir de déchets, les gaz verts présentent l’avantage d’être renouvelables, stockables et mobilisables à la demande.

Verdir les énergies plutôt que bannir les équipements
Autre ligne rouge pour Coénove : la stigmatisation de certains équipements, comme les chaudières performantes ou les systèmes hybrides. L’organisation rappelle qu’une politique énergétique efficace ne consiste pas à interdire des technologies, mais à décarboner les énergies qu’elles utilisent.
Équipements compatibles avec les gaz renouvelables, évolutifs et déjà largement déployés, ils pourraient selon elle contribuer à une transition pragmatique et soutenable, à condition d’être intégrés dans une stratégie cohérente.

Le bâtiment, terrain décisif pour le gaz vert
Enfin, Coénove appelle à orienter prioritairement le gaz renouvelable vers le secteur du bâtiment, particulièrement sensible aux pics de consommation hivernaux. Énergie stockable et disponible à la demande, le gaz vert répond aux contraintes spécifiques de nombreux logements.
Les professionnels du bâtiment demandent d’ailleurs une reconnaissance réglementaire plus claire des gaz verts, notamment dans le DPE et la réglementation environnementale, afin de disposer de trajectoires de décarbonation réalistes.
En publiant la PPE 3, l’exécutif pose les bases d’une nouvelle étape de la transition énergétique. Reste à savoir si cette stratégie, construite sans débat parlementaire, saura éviter l’écueil d’un pari trop univoque. Car derrière les objectifs chiffrés, c’est bien l’équilibre du mix énergétique français (et sa résilience) qui se joue.



PARTAGER :
Toute l'information de cette rubrique est dans : Réseaux VRD
Le seul magazine 100 % Réseaux, à destination des collectivités et du secteur privé.
Découvrir nos newsletters →
À LIRE ÉGALEMENT
Benoît Coquart, nouveau président de la FIEEC
Benoît Coquart, nouveau président de la FIEEC
Nouvelle gouvernance chez infraNum
Nouvelle gouvernance chez infraNum
Création d’un Collectif du numérique pour la construction et les territoires (CoNumCT)
Création d’un Collectif du numérique pour la construction et les territoires (CoNumCT)
40 M€ de travaux pour l’aménagement de l’écoquartier Tigre Maringouins à Cayenne
40 M€ de travaux pour l’aménagement de l’écoquartier Tigre Maringouins à Cayenne
TOUS LES ARTICLES RÉSEAUX VRD
Les plus lus