Les trois organisations, Serce, Gimelec et Sycabel, qui représentent les industriels et intégrateurs de l’électricité, saluent la publication par le Premier ministre de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3). Cette étape structurante sera complétée dès mai 2026 par un plan national d’électrification très attendu. Au-delà de l’objectif de 35 % d’électricité dans la consommation énergétique finale en 2030, puis 40 % en 2035, les organisations appellent à une approche pragmatique et volontariste, pour accélérer les projets dans l’industrie, la mobilité, le transport lourd, le bâtiment et le numérique.
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La PPE3 confirme le rôle central de l’électrification dans la décarbonation et la réindustrialisation du pays. Fortes de plus de 4 000 sites en France, dont près de 200 usines, les entreprises de la filière estiment que la visibilité apportée par ces objectifs pourrait permettre la création de 50 000 emplois supplémentaires en cinq ans, en complément des 100 000 emplois déjà liés à la production électrique. Des emplois durables, à forte valeur ajoutée et non délocalisables.
De l’objectif aux actes
Aujourd’hui, l’électricité décarbonée produite localement ne représente que 26 % de la consommation d’énergie, contre 57 % pour les énergies fossiles importées. Les trois organisations souhaitent contribuer activement à l’élaboration du futur plan national autour de quatre priorités : industrie, mobilité, bâtiment et numérique.
Elles défendent deux leviers clés :
fixer une trajectoire claire d’électrification des usages, cohérente avec la PPE3 et la stratégie nationale bas carbone ;
réduire la fiscalité sur l’électricité, qui pèse aujourd’hui plus d’un tiers de la facture des ménages et des entreprises, afin de renforcer la compétitivité et accélérer la transition.
Pour Michel Gioria, directeur général du Serce, l’enjeu est « d’électrifier mieux et plus vite les usages pertinents » afin de réduire durablement la dépendance aux énergies fossiles et renforcer la souveraineté énergétique.
De son côté, Antoine de Fleurieu, délégué général du Gimelec, appelle à une véritable stratégie industrielle autour de l’électrification, dépassant les clivages sur le mix énergétique pour répondre aux besoins de long terme du pays.
Enfin, Philippe Armand, délégué général du Sycabel, souligne que la réussite de cette ambition suppose « des entreprises industrielles puissantes et engagées », capables de porter durablement le plan d’électrification.