La France fait face à une crise du logement qui n’a rien de théorique : quatre millions de personnes sont mal logées, tandis que, dans le même temps, la filière construction traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. Depuis plus d’un an, le logement neuf est à l’arrêt, les mises en chantier chutent et la rénovation peine à prendre le relais, faute de dispositifs suffisamment incitatifs et lisibles.
Sans reprise rapide de l’activité, c’est une part entière de la capacité productive du pays qui risque de disparaître. Dans ce contexte, le plan Relance logement marque un changement de cap attendu. Avec un objectif de 400 000 logements produits par an pour atteindre 2 millions de logements d’ici 2030, le Gouvernement pose enfin un cadre clair. Pour les entreprises du bâtiment, ce n’est pas qu’un signal politique : c’est la perspective d’une sortie de la zone rouge.
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Le premier levier est immédiat : 500 millions d’euros mobilisés pour permettre aux bailleurs sociaux de construire et rénover 125 000 logements dès 2026. Cette injection est vitale. Elle redonne de la visibilité à des entreprises qui fonctionnent depuis trop longtemps à court terme. Des carnets de commandes sécurisés permettent enfin aux dirigeants de sortir d’une logique de crise pour se projeter, investir, recruter et former. Mais cette reprise impose aussi un défi : transformer le volume de commandes en rentabilité durable. L’agilité opérationnelle, la maîtrise des coûts et la fiabilité d’exécution seront déterminantes.
L’ancien : un gisement de croissance pour les territoires
Le dispositif ne se limite pas au neuf. En conditionnant les avantages fiscaux à des travaux représentant 30 % de la valeur du bien (voire 20 %), l’État crée un appel d’air massif pour la rénovation. Pour les artisans, les entreprises de travaux et les négociants en matériaux, c’est une opportunité de croissance durable, répartie sur l’ensemble du territoire. La rénovation énergétique devient ainsi un moteur d’activité de proximité, capable de soutenir l’emploi local et de maintenir la dynamique économique dans les zones tendues comme dans les territoires moins denses.
Simplifier pour produire, structurer pour durer
La volonté de simplifier les normes et de rapprocher la décision du terrain est une reconnaissance du savoir-faire des bâtisseurs. Moins de complexité administrative, c’est plus de temps pour produire. Mais l’ambition de livrer 50 000 logements locatifs privés par an et de soutenir l’accession via un PTZ généralisé place la filière sous pression. Pour produire plus sans sacrifier les marges, le secteur doit franchir un cap : se structurer durablement, professionnaliser ses organisations et s’outiller pour piloter la performance dans un environnement contraint.
Un nouveau contrat de confiance à concrétiser
Le plan Relance logement redonne des perspectives à une filière stratégique. Il pose les bases d’un pacte de confiance entre l’État et les bâtisseurs : visibilité, stabilité, continuité. La relance du logement n’est pas seulement une réponse sociale : c’est un enjeu économique, industriel et territorial majeur. Elle est aujourd’hui l’une des clés de la souveraineté productive du pays.