Face à l’urgence climatique et à la pression croissante sur la ressource en eau potable, le recours aux eaux dites non conventionnelles — eaux de réutilisation des eaux usées traitées (REUT), eaux de pluie, eaux de process, eaux grises, etc. — n’est plus une option mais une nécessité. Un constat partagé depuis plusieurs années par l’ensemble des parties prenantes (pouvoirs publics, scientifiques, associations environnementales, usagers de l’eau) et clairement affirmé par le Plan Eau adopté en 2023. Puis, en juillet avec l’entrée en vigueur d’un nouveau cadre réglementaire, la voie au déploiement à grande échelle du recyclage des eaux grises est enfin lancée. Les fondations sont alors posées pour passer de l’intention à l’action et faire de cette solution un levier concret d’adaptation au changement climatique.
La valorisation des eaux grises dans les bâtiments consiste à collecter les eaux issues des douches, baignoires, lavabos, lave-linge et lave-mains, afin de les réutiliser, après traitement sur site, pour des usages autorisés tels que l’alimentation des toilettes ou l’arrosage. Cette approche permet de réduire significativement les prélèvements en eau potable, tout en renforçant la résilience des territoires.
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Solution mature, efficace et rapidement déployable, le recyclage des eaux grises reste pourtant insuffisamment connu et exploité en France. C’est pour lever ces freins, structurer une filière et accélérer son adoption que les acteurs du secteur se sont rassemblés au sein de l’AFREG. L’Alliance entend porter une ambition claire : faire du recyclage des eaux grises un pilier à part entière de la politique de l’eau et un réflexe dans la conception et la rénovation des bâtiments. « Dédier un syndicat à la valorisation des eaux grises, c’est lui reconnaître la place qu’elle doit tenir dans le panel des solutions, explique Thomas Contentin, président de l’AFREG. Notre volonté est de contribuer à structurer la filière, de la représenter auprès des pouvoirs publics et de promouvoir cette pratique vertueuse et durable ».
« Le choix des fondateurs de créer l’AFREG au sein de l’UIE est une reconnaissance de ce qu’apporte notre fédération aux industries et entreprises de l’eau. Je me réjouis de cette ouverture à une expertise supplémentaire visant à préserver l’eau. Avec ce 9e syndicat de spécialité, l’UIE est plus que jamais un lieu où dialoguent les solutions du petit cycle de l’eau, au service de l’environnement et de tous les types d’usagers (collectivités territoriales, industries, tertiaire, habitat collectif, agriculture, particuliers) », souligne de son côté Christophe Dingreville, président de l’Union des industries et entreprises de l’Eau (UIE).