Si quelques signes d’amélioration apparaissent, notamment dans les travaux de performance énergétique, ils ne profitent qu’à certains métiers. Dans le même temps, la hausse des prix de l’énergie et des matériaux continue de peser sur les entreprises, qui peinent à répercuter ces surcoûts sur leurs prix, fragilisant davantage leurs marges et leur trésorerie. Dans un environnement marqué par l’instabilité réglementaire et les incertitudes politiques et budgétaires, cette accumulation de difficultés nourrit l’inquiétude des artisans et souligne l’urgence de redonner de la visibilité et des perspectives d’activité aux entreprises du bâtiment.
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logements ont été mis en chantier, en hausse de 21,4 %. L’amélioration observée en amont ne se transmet donc encore que partiellement à l’activité des entreprises artisanales.
En entretien-rénovation, l’activité recule de 1 %. Le redressement du marché de l’ancien perd parallèlement de son élan : 951 000 transactions ont été enregistrées sur douze mois à fin août, soit 3,6 % de plus qu’un an auparavant, mais leur nombre évolue autour de 950 000 depuis décembre 2025. Dans ce contexte, les travaux d’amélioration de la performance énergétique se distinguent par une hausse de 1 %, la première depuis le premier trimestre 2024. Cette progression ne traduit toutefois pas une reprise homogène de la rénovation énergétique. Elle s’explique notamment par la demande de travaux de climatisation et de ventilation, stimulée par la canicule. Les écarts entre les métiers en
témoignent. La couverture-plomberie-chauffage progresse de 2,5 % et l’électricité de 0,5 %, tandis que la maçonnerie, la menuiserie-serrurerie et l’aménagement-décoration plâtrerie reculent chacune de 2 %.
À ces perspectives toujours incertaines s’ajoute la pression exercée par la hausse des coûts depuis le début du conflit iranien. Près des trois quarts des entreprises interrogées, soit 73 %, jugent important ou très important l’impact de la hausse des prix du pétrole et des matériaux sur leur activité. Au-delà de ses effets directs sur les coûts des entreprises, la hausse des prix de l’énergie alimente l’inflation et contribue au resserrement des conditions de crédit, susceptible de freiner les projets immobiliers et les travaux. Or les entreprises peinent à répercuter ces surcoûts dans leurs prix : 45 % de celles ayant constaté une augmentation de leurs coûts ne l’ont pas intégrée dans leurs tarifs et 26 % ne l’ont répercutée qu’à la marge. Au 3e trimestre 2026, les marges des entreprises continuent de se dégrader, avec un solde d’opinion de -23 points, en recul par rapport au trimestre précédent (28 % des entreprises déclarant une baisse de leurs marges, contre 5 % une hausse). La trésorerie demeure ainsi très dégradée. Près d’une entreprise sur quatre fait état de besoins de financement, pour un montant moyen de 25 000 euros. Ces besoins résultent principalement de la baisse de l’activité, citée par 50 % des entreprises concernées, de la hausse du prix des carburants, pour 45 %, et de l’allongement des délais de paiement, pour 37 %.
L’emploi salarié demeure sous pression : dans les entreprises du bâtiment jusqu’à 10 salariés, il recule de 2,1 % sur un an, soit environ de 11 500 emplois détruits. Les perspectives apparaissent néanmoins légèrement moins défavorables. La progression des travaux de performance énergétique, portée notamment par les besoins de climatisation et de ventilation lors des épisodes de canicule, apparaît encore ponctuelle et ne saurait masquer la faiblesse persistante du marché de l’entretien-rénovation. Dans ce contexte, l’instabilité réglementaire, les incertitudes politiques et budgétaires pèsent sur la confiance des ménages et la visibilité des entreprises, freinant l’engagement de nouveaux projets de travaux. "Plus que jamais, l’artisanat du bâtiment a besoin d’une politique du logement lisible et de perspectives économiques favorables pour retrouver les conditions d’une reprise pérenne", conclut Jean-Christophe Repon, Président de la Capeb.