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[Exclu] Fissures des bâtiments : l’hydrostabilisation comme alternative durable aux micropieux

CH. RAYNAUD, LE 27 FÉVRIER 2026
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[Exclu] Fissures des bâtiments : l’hydrostabilisation comme alternative durable aux micropieux
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Face à l’explosion des sinistres liés au retrait-gonflement des argiles (RGA), une jeune entreprise française entend changer d’approche. Créée en avril 2025, TerraStab développe une solution d’hydrostabilisation pilotée par capteurs et algorithmes pour prévenir les fissures avant qu’elles ne compromettent la structure des bâtiments. Une réponse technologique, économique et environnementale à un phénomène qui représente désormais 70 % des indemnisations du régime Cat Nat.

Un sol argileux se rétracte en période sèche (évaporation de l’eau) et gonfle en période humide. Ces mouvements, lents mais répétés, provoquent des tassements différentiels susceptibles d’endommager les fondations et les structures. Le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), amplifié par la multiplication des épisodes de sécheresse, affecte aujourd’hui 12,1 millions de maisons en France, soit 61 % du parc individuel situé en zones d’exposition moyenne ou forte. Les fondations jusqu’à 2,5 mètres de profondeur sont particulièrement vulnérables aux variations hydriques des sols. Traditionnellement, la réponse consiste à intervenir lourdement sur la structure : reprise en sous-œuvre, micropieux en béton, injections… Des opérations coûteuses, invasives et fortement émettrices de carbone. TerraStab propose un changement de paradigme : agir sur la cause plutôt que sur la conséquence. Son principe d’hydrostabilisation repose sur la réhumidification contrôlée du sol afin de limiter les amplitudes extrêmes de variation hydrique dans la zone d’influence des fondations. L’objectif : réduire l’intensité des cycles de retrait-gonflement et donc prévenir l’apparition ou l’aggravation des fissures.

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Une alternative technique et économique aux micropieux

« Au-delà des fissures, les conséquences du RGA sont sociales et économiques : travaux lourds, procédures longues, relogements, perte de valeur immobilière », souligne Philippe Isselin, cofondateur de TerraStab. Le système développé par la startup assemble plusieurs briques technologiques : instrumentation par sondes d’humidité, algorithme de pilotage déporté, déclenchement automatisé des cycles d’hydratation, traçabilité des actions réalisées. L’installation, annoncée entre 5 000 et 10 000 euros, se positionne comme une alternative plus légère aux solutions de reprise en sous-œuvre par micropieux, dont le coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros selon la configuration. Dans un contexte d’augmentation des sinistres climatiques et de tension sur les budgets d’assurance, la logique préventive apparaît stratégique.

Un levier environnemental sous-estimé

Au-delà de l’enjeu technique, l’hydrostabilisation présente un intérêt environnemental majeur. Les reprises en sous-œuvre par micropieux impliquent des volumes significatifs de béton, matériau dont la fabrication est responsable d’environ 7 à 8 % des émissions mondiales de CO₂. Prévenir les désordres en stabilisant le sol permet donc d’éviter des travaux structurels lourds, de réduire l’empreinte carbone des interventions, de limiter la consommation de matériaux, et de préserver les bâtiments existants dans une logique de sobriété constructive. Dans une filière engagée dans la décarbonation et la prolongation de la durée de vie du bâti, la prévention des pathologies devient un axe stratégique.

Une réponse en phase avec la loi ELAN

Depuis l’entrée en vigueur de la loi ELAN (2018), toute vente de terrain constructible situé en zone d’exposition au RGA impose la réalisation d’une étude géotechnique préalable. Cette obligation vise à mieux anticiper les risques liés aux sols argileux. L’approche TerraStab s’inscrit dans cette logique d’anticipation et de résilience : coupler diagnostic géotechnique et solution active de stabilisation permettrait de franchir un cap supplémentaire, en passant d’une simple obligation d’étude à une gestion dynamique du risque. Dans un contexte d’adaptation du parc immobilier au changement climatique, la maîtrise des cycles hydriques du sol pourrait devenir un outil complémentaire aux prescriptions constructives issues des études G1 et G2.

Une entreprise à mission tournée vers la résilience climatique

TerraStab se positionne comme une entreprise à mission dont l’objectif dépasse la seule performance économique : contribuer à la résilience du parc bâti face au changement climatique, démocratiser des solutions préventives accessibles et réduire l’empreinte carbone des remédiations structurelles. Les premières installations sont en cours de déploiement en France, avec une ambition internationale affirmée. Le marché est considérable : plus de 60 millions de maisons sont situées en zones argileuses aux États-Unis, tandis que l’Italie et l’Espagne comptent respectivement près d’un million de bâtiments exposés.

Comment fonctionne l’hydrostabilisation TerraStab ?
Instrumentation du sol : des capteurs d’humidité alimentés par énergie solaire sont installés tous les 15 cm dans la zone d’influence des fondations.
Analyse algorithmique : les données sont transmises à un algorithme déporté qui analyse en continu les variations hydriques et détecte les risques d’assèchement critique.
Pilotage automatisé: en cas de seuil atteint, un signal est envoyé localement pour déclencher un cycle d’hydratation.
Réhumidification ciblée : des puits d’irrigation, disposés tous les 80 cm, injectent l’eau de manière contrôlée. Chaque contrôleur est relié à un regard intégrant des électrovannes.
Traçabilité et suivi : l’ensemble des actions est enregistré, garantissant un historique exploitable pour les propriétaires, assureurs ou experts.




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