La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb) est inquiète. Selon elle, le plan de rigueur annoncé par François Fillon pourrait impacter négativement le secteur, alors que l’artisanat du bâtiment renoue tout juste avec la croissance (+2,5% de l’activité au deuxième trimestre).
"Alors que nous retrouvons cette année le chemin de la croissance, la rigueur annoncée au niveau gouvernemental risque d’engendrer des difficultés supplémentaires pour les entreprises du bâtiment dès l’année prochaine." Patrick Liébus, président de la Capeb, a décidé de tirer la sonnette d’alarme. Principal motif de son insatisfaction : la réévaluation, suggérée par l’inspection des finances, de la TVA à 5,5% pour les travaux d’entretien-amélioration (un marché réalisé par les artisans à 68%). "Faire un lien entre le taux de TVA et la création d’emplois est inique. Son instauration, en 1999, à 5,5% a permis de créer 53 000 emplois !", s’insurge le président. Et d’ajouter : "La TVA bénéficie surtout aux clients, car nous avons baissé nos prix, et non directement aux entreprises. Ce n’est pas une niche fiscale ! Si la TVA augmente, c’est 4,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 40 000 emplois perdus."
Autres mauvaises nouvelles par Patrick Liébus : le "coup de rabot" sur les crédits d’impôt-développement durable. Pour la Capeb, "ces derniers dynamisent depuis cinq trimestres consécutifs les travaux d’Amélioration des performances énergétiques du logement (APEL). Ils représentent 15% du CA des entreprises spécialisées en entretien-rénovation. Ce marché porteur a connu une hausse de 4% au deuxième trimestre 2011. La réduction de ce crédit entrainerait une diminution de moitié de ce marché." La "fin programmée" de la défiscalisation des heures supplémentaires n’est pas non plus du goût de la Capeb. Toutes ces mesures "risquent de retarder la reprise naissante de notre activité. Et si les entreprises du bâtiment sont en péril, c’est l’ensemble de l’économie française qui le sera", conclut Patrick Liébus.