A l’occasion d’une conférence de presse mercredi 31 mars dernier, Didier Ridoret, Président de la FFB, a tenu à souligner « une nouvelle étape dans le recul de l’activité de la construction neuve, tant en ce qui concerne le non-résidentiel que le logement ». Il a illustré son propos par quelques chiffres : pour le non-résidentiel, les trois derniers mois correspondent à un rythme annuel de 18,5 millions de m² mis en chantier. Sur les douze et six derniers mois, on était à un rythme annuel de 24 à 26 millions de m². 18,5 millions de m², c’est aussi le chiffre le plus bas de la série depuis son origine, en 1986 ! Quant au logement, les trois derniers mois correspondent, toujours en rythme annuel, à 278 500 mises en chantier. Sur six et douze mois, nous étions à un rythme annuel d’environ 324 000 à 326 000 logements. Là encore, nous nous rapprochons dangereusement du point bas historique de 1993.
Didier Ridoret a souligné un autre facteur d’inquiétude avec la baisse concomitante des permis accordés. Dans le non-résidentiel, sur douze mois et trois mois annualisés, les surfaces autorisées chutent de 33,5 millions à 28 millions de m², soit un recul de 16,7 %. Dans le logement, la tendance est à 390 000 permis par an, soit un repli de 1 % par rapport au bas niveau de 2009. Cela n’augure rien de bon.
Quant au marché de l’amélioration-entretien, le président de la FFB a noté « le recul de 2009 un peu plus important que prévu à -2,5 % en volume, au lieu de -1,6 % dans nos prévisions de novembre 2009 ». « Cependant, pour 2010, nous fondons beaucoup d’espoirs sur les effets du Grenelle de l’environnement », a-t-il néanmoins ajouté. Pour mémoire, 100 000 éco-prêts à taux zéro ont été accordés à ce jour à des particuliers, 34.747 logements HLM sont concernés par l’éco-prêt logement social dont peuvent bénéficier les bailleurs sociaux et 39 000 éco-subventions ont été distribuées à des propriétaires-occupants modestes par l’Anah en 2009. C’est plus de 2,5 milliards d’euros HT de commandes de travaux depuis la mi-2009 et qui sont en cours de réalisation ou bien vont démarrer.
« Au-delà des mouvements saisonniers et des incertitudes associées, comme l’indiquent les enquêtes d’opinion réalisées auprès des chefs d’entreprise, ces chiffres témoignent d’une poursuite du recul début 2010. Ils confirment donc nos prévisions d’absence d’embellie avant la fin 2010 », conclut Didier Ridoret.
Des propositions pour soulager les entreprises
Pour éviter la multiplication des cessations d’activité faute d’une trésorerie suffisante, la FFB travaille à limiter les effets délétères de cette réduction des délais de paiement non partagée par les clients.
La FFB s’est employée à atténuer la baisse du crédit fournisseur en signant fin 2008/début 2009 cinq accords dérogatoires – mais temporaires - permettant aux entreprises de bâtiment et à leurs fournisseurs de convenir d’un délai de paiement supérieur au délai légal. Du côté des délais clients, la FFB a conclu en octobre 2009 un protocole interprofessionnel avec les représentants de la maîtrise d’œuvre (architectes, économistes, ingénieristes) permettant de lutter contre les « délais cachés », comme, par exemple, la pratique consistant à demander à l’entreprise de refaire sa situation de travaux lorsque le maître d’œuvre la rectifie.
« En tout état de cause, pour que l’activité reparte, la confiance est le maître-mot. Il est impératif que nos concitoyens et que tous les investisseurs privés retrouvent foi en l’avenir », insiste Didier Ridoret. Mais si la confiance ne se décrète pas, il faut avant tout éviter à court terme d’aggraver la crise en dégradant l’environnement règlementaire. C’est pourquoi la FFB formule sept propositions :
- Maintenir le doublement du PTZ neuf jusqu’à la fin de 2010 à minima. En effet, seul le segment de la primo-accession conserve actuellement un certain dynamisme. Il importe donc de ne pas casser le mouvement.
- Pérenniser au-delà de 2010 un dispositif de soutien à l’accession sociale avec différé de remboursement significatif et TVA à taux réduit, du type PASS-FONCIER®. En ce domaine, il faut éviter toute rupture dans le montage des offres et toute désolvabilisation des ménages.
- Préserver le dispositif Scellier tant que le secteur ne connaît pas de réelle reprise. De fait, jusqu’à ce jour, le dynamisme des ventes a simplement permis de réduire les stocks.
- Accélérer le plus possible le lancement des opérations financées par le Grand Emprunt national.
- Garantir le maintien du taux réduit de TVA à 5,5 % pour les travaux d’amélioration-entretien du logement. Toute hausse de taux serait aujourd’hui catastrophique, tant pour le secteur, que pour l’emploi et pour nos clients.
- Les deux dernières propositions de la FFB visent à faciliter le développement de l’activité du secteur. Il s’agit de poursuivre l’effort en matière de rénovation énergétique du parc HLM, en élargissant les conditions d’accès à l’éco-prêt logement social aux logements de la classe D du Diagnostic de performance énergétique d’une part, en réintégrant une « Palulos verte » au sein des emplois du Grand emprunt, d’autre part ; et seconde mesure, mieux encourager la densification dans l’individuel et le petit collectif en permettant, par défaut, la majoration des coefficients d’occupation des sols.