Pourtant, pour éviter de consommer trop de CO2, il existe une solution simple et évidente : l’inertie.
Au sein d’un bâtiment, lorsqu’on allume le chauffage en hiver, celui-ci consomme de l’énergie, et engendre ainsi des gaz à effet de serre. Afin de conserver la chaleur plus longtemps, et de ce fait éviter de remettre en marche le chauffage, l’inertie thermique d’un bâtiment devient essentielle. Plus les matériaux de construction sont lourds, plus ils contiennent de l’inertie. L’inertie thermique est la propension de ce matériau à garder longtemps sa température initiale lorsque intervient un changement de cet équilibre thermique, généralement dû aux rayons solaires. Si cette modification l’amène vers une nouvelle température d’équilibre, cette inertie thermique représente la " lenteur " avec laquelle ce nouveau point d’équilibre est atteint. Autrement dit, si le matériau est très lourd, il atteindra cet équilibre au bout d’un temps long. A titre d’exemple, lors des chaudes températures d’été, si l’on pénètre dans une église en pierres, il y fait toujours frais bien qu’aucun outil de climatisation ne soit présent. C’est simplement l’inertie thermique de la pierre qui empêche la chaleur de pénétrer rapidement à l’intérieur de l’édifice. A la nuit tombée, la température extérieure diminue et la chaleur emmagasinée dans la pierre durant la journée retourne au dehors. L’inertie permet pour les maisons de se passer de climatisation, si celles-ci sont équipées de protections solaires et si l’on réalise une bonne ventilation nocturne.
En hiver, l’inertie permet de stocker les apports solaires dans les bâtiments bioclimatiques et de les restituer le soir lorsque les occupants rentrent du travail L’inertie thermique constitue donc un paramètre essentiel dans le dimensionnement d’une maison. Elle a un impact important sur la consommation énergétique et sur la température intérieure d’été comme d’hiver. Les gains calculés entre inertie très légère et inertie très lourde sont les suivants :
– de 3 à 20 % selon la zone climatique et le type de maison (bioclimatique ou non) ;
– à peu près 10 °C, quelle que soit la configuration de la construction.
Le bloc béton est classé parmi les matériaux ayant une inertie très lourde grâce à sa masse et à la densité de sa composition : 87 % de granulats (pierres, graviers, sables), 7 % de ciment (calcaire et argile) et 6 % d’eau. Surtout, le poids et la résistance des murs en blocs béton forment l’ossature idéale d’un bâtiment, afin de supporter les massives dalles de planchers, constructions excessivement lourdes, qui engendrent le maximum d’inertie dans une maison.
Le meilleur moyen d’éviter trop de dépenses énergétiques, c’est justement de ne pas en consommer.