Sacyr et Luis del Rivero aiment-t-ils jouer avec le feu ? D’un côté le groupe se désendette, de l’autre il s’engage dans un chantier étonnament bon marché avec le canal de Panama.
En décembre dernier, les banques créancières avaient contraint Sacyr à céder 62,7 % d’Itinere au fonds d’investissement américain Citi. La dette avoisinait les 20 Md€. Valant encore 13 Md€, elle devrait être réduite à 11 Md€ en fin d’année. Ce mercredi 15 juillet, Sacyr s’est défait des derniers 17,4 % à trois caisses d’épargne pour 500 M€. Cependant, Sacyr n’a pas encore totalement quitté Itinere.
De plus, Sacyr n’abandonne pas les infrastructures : elle vient de créer Sacyr Concesiones dans laquelle elle a placé une vingtaine de projets. Y figure un contrat de 2,2 Md€ pour construire et exploiter une autoroute longue de 90 km entre Milan et Venise.
Le grand point d’interrogation concerne le canal de Panama. Sacyr est chef de file d’Unidos por el Canal (40 %) aux côtés de l’italien Impreglio, du belge Jan de Nul et du panaméen Constructora Urbana. Les quatre partenaires ont émis une offre de 3,1 Md$, contre 4,2 Md$ pour l’alliance Bechtel, Mitsubishi et Tasei, et 5,5 Md$ pour les espagnols ACS, FCC et Acciona associés au mexicain Ica. Les experts jugent l’opération osée en termes d’ingénierie. Le prix remis par Sacyr laisse pantois les concurrents. Et la Bourse ne s’en soucie guère. L’action a bondi de 18 % en une semaine, portant l’année à 62 %, contre 6,4 % pour l’indice de référence à Madrid.
Auparavant, au premier semestre 2008, Eiffage avait réussi à se défaire de manœuvres d’achat /prise de pouvoir qui auraient essentiellement servi à améliorer la situation financière de Sacyr.
(Source les Échos)