« L’avenir nous inquiète », devait déclarer Didier Ridoret, en préambule de la conférence de presse qui s’est tenu à Paris en septembre dernier, un premier exercice oral pour le tout nouveau président de la Fédération française du bâtiment (FFB) élu en juin dernier.
Les raisons de l’inquiétude du secteur : la chute vertigineuse des mises en vente (- 28 %) et des ventes (- 31 %) dans le secteur résidentiel, le recul prononcé dans le domaine des bâtiments administratifs, ou encore le solde de logements mis en chantier qui devrait se situer entre 390 000 et 400 000 à fin 2008.
Au regard des chiffres égrainés, le bâtiment aura en effet connu des jours meilleurs… « Pour autant, si nous sommes entrés dans une conjoncture moins porteuse, l’horizon n’est pas forcément bouché ». Et le président de la FFB de se refuser à comparer l’entrée de crise actuelle à celle que connaissent actuellement les États-Unis, le Royaume-Uni ou l’Espagne, et dans une moindre mesure l’Italie.
« En France, il y a à ce jour un stock de 3 500 logements finis – contre un million en Espagne – ce qui est peu. Un stock faible est d’autant plus positif qu’il est favorable pour envisager un regain de l’activité », analyse Didier Ridoret.
Tenant à préciser que « les chiffres sont à lire avec prudence », du fait de la refonte du système de collecte d’information du ministère de l’Écologie, il ne peut que constater que « l’année se soldera au mieux par 390 000 à 400 000 logements mis en chantier, loin des 435 000 de 2007 »… Et d’ajouter que « si rien n’est fait, le recul se poursuivra en 2009, voire en 2010, renvoyant aux calendes grecques l’objectif des 500 000 logements souhaités par le gouvernement. « Et que l’on ne vienne pas nous dire que la cause en est la capacité de l’appareil de production ! ». Voilà qui est dit. Autre inquiétude de la FFB, l’emploi. Rappelant que le bâtiment embauche plus d’un million de salariés, Didier Ridoret estime que pour l’emploi intérimaire – de 130 000 à 140 000 personnes – « on est dans la baisse de la hausse, mais dans une logique de ralentissement tout de même ».
La petite éclaircie vient du marché de l’amélioration-entretien, qui si elle s’effrite un peu, « a progressé de 1.1 % en volume au premier semestre 2008 par rapport au même semestre de 2007 ». Si l’on considère que ce secteur représente la moitié du chiffre d’affaires du bâtiment, on comprend la motivation de la FFB à aller, le mois prochain, défendre le dossier de la TVA à taux réduit à Bruxelles. « L’activité amélioration-entretien est dopée par la TVA, ce qui reste favorable », soutient Didier Ridoret. Créée en 1999, et reconduite normalement jusqu’en 2010, « l’arrêt de la TVA pourrait conduire à la suppression de 85 000 à 95 000 emplois », estime la FFB.
Rester confiant
Parmi les bonnes mesures à envisager pour l’avenir, le président a applaudi la mise en place de l’éco-PTZ et espère une issue favorable à l’épineux problème du 1 % Logement prévu dans le projet de loi de « Mobilisation pour le logement » de Christine Boutin. « Ce serait près d’un milliard d’euros que l’État ne mettra plus au service du logement social », a souligné la FFB. Autre cheval de bataille : le financement du dialogue social. La fédération n’envisage pas de baisser les bras. Au contraire, elle attend de pied ferme « à l’automne » les décisions du ministre du Travail, Xavier Bertrand, sur l’extension d’accords aux entreprises de moins de 10 salariés. « Les petites entreprises n’ont pas besoin qu’on leur impose une charge supplémentaire alors que l’activité baisse. C’est insupportable ! », s’est exclamé le président. Concluant sur une note positive, Didier Ridoret a estimé que « les marges de manœuvre sont plutôt restreintes », mais qu’il demeure confiant. Une confiance qu’il veut redonner aux Français pour investir dans la pierre.
► Lors du conseil de surveillance de la banque, le 17 septembre dernier, Didier Ridoret a été nommé co-président et vice-président du conseil de surveillance de BTP Banque en sa qualité de président de la Fédération française du Bâtiment (FFB). Il succède à Christian Baffy, vice-président depuis 2002. Ce dernier reste au conseil de surveillance, en tant que président de la SMABTP. Le conseil de surveillance de BTP Banque est présidé par Jean-Claude Detilleux, président du groupe Crédit Coopératif.
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