Edifice-clé du projet Iter (International Thermonuclear Experimental Reactor), le bâtiment Tokamak, dans lequel aura lieu la réaction de fusion nucléaire, sort progressivement de terre. Pour l’heure, une fosse béante de 120 m de long, 90 m de large et 17 m de haut est venue rompre la platitude de la plateforme du site.
Démarrés sous la houlette de l’agence Iter-France au cours de l’année 2007, les travaux de viabilisation de la plateforme du site – 2,5 millions de m3 de matériaux ont été déplacés sur 45 ha – se sont officiellement achevés au cours de l’année 2010. Une fois terminées, ces opérations de terrassement ont aussitôt laissé la place aux opérations d’excavation du futur Bâtiment Tokamak, l’édifice-clé du projet Iter où se déroulera la fusion deutérium-tritium dans un environnement avoisinant les 100 millions de degrés…
Baptisé Tokamak Complex Seismic Isolation Pit (Puits d’isolation antisismique du complexe Tokamak), la fosse ainsi créée – de 120 m de long, 90 m de large et 17 m de haut – a été réalisée en deux campagnes de minage (d’août à novembre 2010 puis de décembre 2010 à janvier 2011), lesquelles ont généré près de 210 000 m3 de déblais. Ces derniers ont été employés pour combler un vallon à l’intérieur du site Iter.
500 appuis antisismiques
Le marché obtenu par le groupement d’entreprises GTM Sud (mandataire), Chantiers Modernes Sud, Campenon Bernard Sud-Est et Dodin Campenon Bernard, s’élevant à 36,3 millions d’euros, comprend également la réalisation du radier principal (11 000 m² de béton pour 1,5 m d’épaisseur) et des murs d’enceinte (lesquels présentent une épaisseur de 1,5 m sur les cinq premiers mètres, de 1 m sur les cinq mètres intermédiaires et 0,5 m sur les cinq mètres les plus proches de la surface).
Sur ce radier, seront coulées près de 500 colonnes en béton, surmontées chacune de patins antisismiques, afin d’isoler au mieux le bâtiment des éventuelles secousses sismiques. Les équipes du groupement ont en outre pour charge de construire la dalle inférieure du Tokamak, l’appel d’offres pour l’édification du bâtiment proprement dit devant être lancé en avril-mai 2011. "Nous n’avons pas rencontré de difficultés majeures lors des opérations d’excavation. Nos investigations géotechniques nous ont permis de réduire les risques et d’éviter les mauvaises surprises", indique Benjamin Sar, conducteur de travaux chez Dodin Campenon Bernard (groupe Vinci).