Les données du SISPEA sont sans appel : environ 20 % de l’eau potable produite en France disparaît avant d’arriver chez l’habitant. Le responsable est connu. Les 1,4 million de kilomètres de réseaux d’eau potable et d’assainissement vieillissent, et l’étude de Jean-Michel Cador (GEOPHEN) établit qu’une part importante a été posée avant 1972. Le pays compte donc sur des canalisations conçues il y a plus de cinquante ans, dans un contexte social, technologique et climatique qui n’a plus rien à voir avec le nôtre.
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Un malentendu persiste : celui qui assimile les plastiques jetables abandonnés dans la nature aux matériaux techniques enterrés sous nos routes. La filière rappelle que le polyéthylène a déjà fait ses preuves dans le transport du gaz, un secteur où la fiabilité ne se négocie pas. Étanche, insensible à la rouille, capable d’absorber les mouvements de sol, il sert aussi l’eau potable et l’irrigation. Avec le polypropylène, il couvre l’assainissement, les eaux pluviales, l’électricité et les télécoms. Côté santé, les contrôles réguliers ne révèlent aucune migration problématique dans les conditions d’usage.
Des tonnes de CO₂ qui restent au dépôt
Plus légers, ces tubes se transportent et se posent plus facilement. Moins de poids, c’est moins de camions, moins d’engins lourds et des routes ouvertes moins longtemps, donc des émissions de chantier nettement réduites. Les études internationales ajoutent un argument de durée : correctement posés, dimensionnés et entretenus, ces réseaux dépassent le siècle. Ils résistent mieux aux mouvements de terrain que le dérèglement climatique amplifie. Moins de ruptures, moins de réparations, moins d’émissions.
Canacycle, la boucle se referme
Reste la fin de vie. Portée par le STRPEPP, le Syndicat des Tubes et Raccords en Polyéthylène et Polypropylène, avec plusieurs organisations dont Les Canalisateurs, la démarche Canacycle structure des filières régionales de collecte et de recyclage des chutes de tubes. Utiliser de la matière recyclée permet de réduire l’empreinte carbone d’environ 80 %.
L’ennemi, le gaspillage
Renouveler les réseaux à un rythme qui se compte en générations n’est plus une option. Pour la filière, l’adversaire n’est pas un matériau mais le gaspillage. Moderniser les réseaux relève désormais de l’urgence climatique autant que sociale.