Dix ans après son lancement, le Plan France Très Haut Débit a rempli sa promesse d’un accès comparable à la fibre entre zones urbaines et rurales. Mais pour InfraNum, cette réussite masque une fragilité croissante des réseaux d’initiative publique (RIP).
Dans sa réponse à la consultation publique sur la souveraineté numérique, la fédération des infrastructures numériques alerte : le modèle des RIP repose sur des projections économiques datant de 2015, aujourd’hui dépassées. Multiplication des aléas climatiques, fin annoncée du service universel de l’opérateur historique, surcoûts structurels des raccordements en zones peu denses : plusieurs facteurs ont fait grimper les coûts d’exploitation sans révision des modèles initiaux. Un nombre croissant de RIP se retrouve en tension de financement, avec un risque direct sur l’entretien des réseaux. Pour InfraNum qui fédère les acteurs de l’aménagement numérique des territoires, la première condition de l’autonomie stratégique numérique consiste à pérenniser l’existant plutôt qu’à courir après de nouveaux déploiements. Sur les prises les moins accessibles, la fédération plaide pour des technologies complémentaires — satellite, mobile — orientées vers des solutions souveraines, alors que des offres satellitaires étrangères non souveraines, agressives tarifairement, captent une part croissante du marché français des abonnements internet. Ilham Djehaich-Mezouar, présidente d’InfraNum, estime qu’on ne peut pas parler de souveraineté numérique si les réseaux ruraux ne tiennent plus économiquement, rappelant que les zones RIP représentent 60% du territoire et environ 40% des locaux, et que la première brique de l’autonomie stratégique réside dans la résilience de l’existant.
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