L’année écoulée a validé la stratégie d’influence de l’Afnum. L’appel à l’action collective lancé pour ses dix ans en septembre dernier, décliné en huit propositions opérationnelles dès février, a trouvé une traduction concrète dans plusieurs textes récents. La loi de simplification de la vie économique a repris la qualification des centres de données au titre des projets d’intérêt national majeur, assortie d’une procédure administrative accélérée. Le décret n° 2026-302 est venu simplifier le cadre contentieux des projets stratégiques : suppression d’un échelon juridictionnel, délai indicatif de dix mois par instance, fin de la prorogation en cas de recours administratif. Résultat : un délai global ramené d’environ cinq ans à deux ans.
Deux chantiers restent néanmoins ouverts pour l’Alliance. Elle réclame une adaptation des procédures de raccordement électrique aux besoins des grandes infrastructures numériques, sur le modèle des Pays-Bas ou de la Suède, et milite pour un guichet unique associé à un « préfet accélérateur » régional, seul à même selon elle de faire émerger un véritable hub numérique européen sur le sol français.
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Sur le volet cybersécurité, l’Afnum presse les parlementaires d’adopter rapidement le projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques, qui transposera la directive NIS 2. L’Alliance insiste sur le rôle du chiffrement, qu’elle juge indispensable à la fois à la protection de la vie privée des citoyens et à l’intégrité des systèmes d’information publics et privés, un équilibre à trouver entre exigence réglementaire et réalité technologique du secteur. L’intelligence artificielle constitue l’autre front majeur de l’année. L’organisation s’est impliquée dans les travaux sur l’impact environnemental de l’IA, la simplification du cadre européen issu de l’IA Act, et la préservation d’un équilibre entre droit d’auteur et compétitivité de l’écosystème IA en France et en Europe.
2027, un rendez-vous stratégique
À l’approche de la présidentielle, l’Afnum veut porter trois priorités déjà formulées lors de son anniversaire : renforcer la compétitivité de la France et de l’Europe, accélérer la formation et la fidélisation des talents, et faire du numérique un levier de durabilité et d’inclusion. Ces axes structurent la feuille de route du nouveau comité de direction, élu lors de cette assemblée générale et désormais composé de 24 membres et 6 personnalités qualifiées. Pour Marc Charrière, président de l’Afnum, la France dispose de tous les atouts pour devenir le hub numérique le plus compétitif d’Europe, et il appartient désormais aux acteurs du secteur de transformer cette ambition en réalité collective, un engagement que l’Alliance entend poursuivre dans les mois à venir.