L’image a marqué les esprits. Après les épreuves olympiques de natation disputées dans la Seine en 2024, puis l’ouverture au public de plusieurs sites de baignade durant l’été 2025, les Franciliens s’apprêtent à retrouver les joies de la baignade en Seine et en Marne à partir du 20 juin 2026. Si ce retour à l’eau symbolise la reconquête environnementale des fleuves franciliens, il est également l’aboutissement d’un vaste chantier industriel engagé depuis plusieurs années. Un chantier dont le SIAAP, service public chargé de l’assainissement de l’agglomération parisienne, constitue l’un des acteurs majeurs.
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Permettre la baignade dans deux cours d’eau traversant l’une des métropoles les plus denses d’Europe représentait un défi technique considérable. Pour y répondre, le SIAAP a engagé près de 500 millions d’euros d’investissements dans le cadre du Plan Baignade lancé en 2016, avec le soutien de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie. L’objectif n’était pas de « nettoyer » directement la Seine ou la Marne, mais d’agir à la source en améliorant la collecte, le transport, le stockage et le traitement des eaux usées avant leur restitution au milieu naturel. Cette stratégie a permis de renforcer durablement les performances du système d’assainissement francilien tout en réduisant les impacts sur la qualité des rivières.
La désinfection, maillon clé de la qualité sanitaire
L’enjeu principal de la baignade concerne la maîtrise de la qualité microbiologique des eaux.
Pour réduire la présence des bactéries indicatrices de contamination fécale, notamment Escherichia coli et les entérocoques intestinaux, le SIAAP a déployé deux unités de désinfection sur ses installations situées en amont des zones de baignade.
À l’usine Marne Aval, les eaux traitées sont soumises à une désinfection par ultraviolets. À Seine Valenton, elles bénéficient d’un traitement complémentaire reposant sur l’utilisation d’un désinfectant organique. La saison 2025 a constitué un test grandeur nature pour ces équipements. Les résultats ont confirmé leur efficacité opérationnelle, avec des performances conformes aux objectifs sanitaires nécessaires à la baignade et une disponibilité maximale tout au long de l’été.
Anticiper les pluies pour préserver la qualité des fleuves
La qualité des eaux de baignade dépend également de la capacité du système d’assainissement à absorber les épisodes pluvieux. Pour limiter les déversements vers le milieu naturel lors des fortes précipitations, le SIAAP s’appuie sur plusieurs ouvrages stratégiques : le collecteur VL8, le siphon sous la Marne et les bassins de stockage de l’usine Marne Aval. Ces infrastructures permettent de retenir temporairement une partie des effluents avant leur traitement, réduisant ainsi les risques de dégradation de la qualité des cours d’eau.
Mesurer avant d’agir : la donnée au service de la décision
Au-delà de l’exploitation de ses ouvrages, le SIAAP fournit des informations déterminantes aux autorités chargées de gérer les sites de baignade. Deux analyseurs microbiologiques automatiques ColiMinder, installés à Saint-Maurice et à Port-à-l’Anglais, réalisent des mesures à haute fréquence de la qualité bactériologique des eaux. Leur implantation en amont de Paris offre une capacité d’anticipation précieuse. Les données produites permettent d’estimer plusieurs heures à l’avance l’évolution de la qualité de l’eau au niveau des zones de baignade. Durant l’été 2025, plus de 650 mesures ont ainsi été réalisées pour alimenter les dispositifs d’aide à la décision des collectivités et des services de l’État.
Un acteur discret mais indispensable
Si les décisions d’ouverture ou de fermeture des sites de baignade relèvent des collectivités territoriales et des autorités sanitaires, le SIAAP demeure un maillon essentiel de la chaîne de surveillance. Depuis son poste de contrôle Saphyrs, les équipes assurent une veille permanente 24 heures sur 24 afin de suivre l’état des réseaux et des ouvrages d’assainissement. Cette mobilisation continue a permis d’accompagner l’ensemble des acteurs impliqués dans la gestion de la baignade durant l’été 2025, sans qu’aucun épisode de pollution observé sur les fleuves ne nécessite d’intervention spécifique sur les infrastructures du syndicat.
De l’héritage olympique à la transformation durable du territoire
Au-delà de la réussite des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, la baignade en Seine et en Marne apparaît désormais comme l’un des marqueurs les plus visibles de la transformation environnementale du territoire francilien.
Pour le SIAAP, cette évolution illustre la capacité des infrastructures d’assainissement à produire des bénéfices tangibles pour les habitants : amélioration de la qualité des milieux aquatiques, renforcement de la biodiversité, nouveaux usages des rivières et amélioration du cadre de vie.
À l’approche de l’été 2026, l’enjeu n’est plus seulement de rendre la baignade possible. Il consiste désormais à inscrire durablement cette reconquête des fleuves dans le quotidien des Franciliens. Comme le rappelle François-Marie Didier, président du SIAAP : « La baignade en Seine et en Marne est devenue une réalité durable. Les investissements réalisés, associés à l’expertise et à l’engagement des agents du SIAAP, constituent le socle de cette réussite collective ».